Ana Popovic, Paris@Mix Montparnasse, le blues au féminin

LIVE REPORT. Un peu de douceur dans le monde du Rock. Au placard la grosse testostérone. Ce soir, on sort les talons aiguilles, les jupes moulantes et les belles strats relic. La jolie Ana Popovic était à Paris, IWT n’en a pas raté une miette. Récit.

Profitons de ce concert, qui fut pour moi une réelle révélation, pour se poser la question des femmes dans le Rock et plus particulièrement des femmes guitaristes (de haut niveau, pas celles du dimanche qui se filment devant leur webcam sur une reprise de Carly Rae Jepsen) qui ne courent pas les rues. Analyse du non-phénomène.

En tapant « sexy+girl+guitar » sur google, on arrive facilement sur les très nombreuses videos d’Ana Popovic qui prolifèrent sur youtube. A la différence des amateurs (citées plus haut) souvent de piètres niveaux, la jeune Serbe de 36 ans a su en l’espace de 4 ans (date de son 1er album, Hometown sorti en 1998) se faire sa place là où les hommes sont rois. Depuis, elle enchaîne les nominations et les différents prix de la scène blues et mieux encore récolte l’estime de ses paires.

Connaissez vous beaucoup de guitaristes femmes ?
Mickael jackson en a propulsé 2. La première, en 1987, la Van Halen féminine n’est qu’autre que Jennifer Batten. On se souvient plus de sa coiffure à la Garth de Wayne’s World que de son solo sur Beat It. Mais je suis mauvaise langue car elle fut la 1ère guitariste « moderne » femme à être sur le devant de la scène avec un reél talent. Même Jeff Beck lui a fait de l’oeil en lui demandant de l’accompagner sur sa tournée en 1998. On regrette son absence des médias depuis quelques années. La seconde, Orianthi Panagaris aurait pu avoir le même succès auprès du public d’MJ mais l’annulation des concerts de la tournée This Is It  a coupé cours à toute popularité planétaire. Pourtant, cette non scène avec le King of Pop l’a bien aidé.Elle est désormais la guitare d’Alice Cooper (du moins sur sa dernière tournée de 2011). Parallèlement  la belle sosie de Avril Lavigne oriente sa carrière musicale sur des chansons pour midinettes en manque de Biactol. Un choix de carrière quelque peu commercial…. à notre plus grand regret.
Les femmes sont bizarrement bien présentes (en relativisant bien entendu) dans le Metal (dans le sans large). Courant musical destiné aux hommes, les femmes s’y sont introduits, quelques artistes commencent à se faire un nom : Nili Brosh (guitariste – à 7 cordes –  sur la dernière tournée de Tony MacAlpine), Courtney Cox (pas celle de friends, celle d’Iron Maidens, un tribute band de femmes), Sarah Michelle, Ariel Bellvalaire, Joe Wild… pour ne citer qu’elles…

Dans ce monde de machos, les femmes malgré tout le talent qu’elles ont entre les doigts restent uniquement aux yeux des mâles des groopies ou autres boobs sur pattes prêtes à dégainer du soutif (désolé, je fais cette chronique en me matant le DVD de Steel Panther… ça n’aide pas la cause féminine).
Dans ce climat, nous avons la belle Ana qui creuse son sillon dans le registre Blues. Beaucoup la compare déjà à Jimi Hendrix. Au vu du concert de ce soir, je porterai la comparaison plutôt sur un mélange subtil de Stevie Ray Vaughan et de Jonny Lang. Amis de la Fender strat 62, je vous présente Ana Popovic, le blues peut maintenant se conjuguer au féminin.

19h15 : Ne connaissant pas le Mix Monpartnasse et son annexe l’UCS Live Music (l’endroit qui accueille Ana Popovic ce soir)  j’arrive un peu avant l’ouverture des portes pour tenter une place idéale, Quelle surprise de ne voir qu’une poignée de personnes devant. Et bizarrement je suis le plus jeune ! Suis-je bien au bon endroit ?

19h30 : Les portes s’ouvrent, je me dépêche pour « camper » à droite de la régie surplombant la petite fosse centrale.
Très sympa le Mix Montparnasse. On voit tout de suite qu’on est dans un haut lieu des nuits parisiennes où le son des musiques électroniques doit chauffer autant que les décibels. Espérons que la salle se prêtera au blues énergique d’Ana.

20h00 : Moins de 50 personnes. J’ai peur qu’on se sente un peu seul ce soir :-(
La salle se remplie progressivement pour atteindre quelques centaines de personnes (200-300 peut-être, pas plus). Du haut de mes 36 ans je fais parti des jeunes de l’auditoire. C’est sû, on est pas là pour se mover sur le dance floor au son du dernier Rihanna :-)

20h30 : Sofaï & The Sweet Talkers (la première partie) monte sur scène et aussi rare qu’improbable avant même que les lumières ne s’allument pour leur 1er morceau, le contrebassiste éclate son instrument en deux (sans faire exprès bien entendu) !!!! Ca commence fort !
Solution de repli : il se fait prêter une basse Musicman par le bassiste d’Ana. C’est ça l’esprit blues.
Le set est entièrement acoustique. Le son est TOP.
J’ai vraiment apprécié cette mise en bouche, un folk sans prétention teinté de quelques soli bien callés, sans overdose. Très bonne ambiance, limite un peu cours.
J’avais enregistré l’intégralité du set mais pour des raisons de place sur ma carte j’ai dû effacer le 1er ¼ d’heure. Ci-dessous leur dernier titre qui clôt leur prestation.

21h30 : Ana Popovic monte sur scène sur présentation de son bassiste. Mon premier mot a été WAOUUU. Robe hyper moulante, talons aiguilles, blonde, cheveux bouclés et le sourire en prime. On est très loin de Popa Chubby !

On rentre tout de suite dans sa musique, il faut dire qu’avec un physique comme le sien, la musique devient tout de suite plus belle.
Sur scène, elle est accompagnée d’un bassiste, un batteur et un claviste  Quand on va voir un/une guitariste de blues, généralement les autres musiciens sont en retrait, voire inexistants (Gary Moore par exemple). Là, elle laisse ses musiciens s’exprimer, on a eu droit aux traditionnels solo de basse, clavier et batterie.

Dès les 1ères notes, son bassiste donne le LA (mineur car on est en blues). Et essaye de lui prendre la vedette par des poses improbables. Il est heureux d’être là et ça fait plaisir, ses regards sur l’arrière train de sa patronne sont un peu douteux mais bon, c’est peut-être compris dans les 26€ du ticket d’entrée…
On a eu droit à tous ses classiques et quelques Tribute songs (Stevie Ray Vaughan, Buddy Guy et Jimi Hendrix). Setlist proche de ce qu’elle fait depuis quelques mois. La différence réside dans l’improvisation des morceaux qui durent plus de 10minutes à chaque fois (du blues quoi !). Une mention toute particulière au slow blues One Room Country Shack (reprise de Buddy Guy) qui m’a transporté ailleurs.

Etant guitariste (très très amateur), j’avais quelques doutes sur son jeu et ne m’attendais pas à des merveilles. Là, j’ai été scotché !
Certes quelques phrasés sont répétitifs (les limites du blues) mais elle a un petit je ne sais quoi que les autres non pas. Un sens de la mélodie, une propreté dans son jeu (même en jouant relativement vite, toutes ses notes étaient déliées) et son feelling ! Il devrait y avoir plus de femmes blueswoman. Ca apporte vraiment quelque chose à cette musique profonde. Là où tout bon guitariste force les traits de son visage pour tout bend de plus d’un ton, Ana, elle reste toujours aussi séduisante, aucune mimique agaçante, classe !

Le dernier titre (avant rappel) se termine par une mise en avant des musiciens, Ana, quitte la scène pour laisser ses acolytes improviser et clore le show. Belle preuve d’humilité qu’on trouve trop rarement chez nos homologues masculins.
ils reviennent tous quelques minutes après pour enchaîner 2 titres dont un Tribute Jimi Hendrix House Burning Down (pas son meilleur morceau, mais bon).

23h30 : Fin du concert. J’en profite pour taper la causette avec mon camarade de gauche qui a capté sur son ZOOM l’audio du concert… j’aime faire ce genre de rencontre, c’est toujours très enrichissant.

« Quoi ? Tu étais aussi au concert de Springsteen ? T’as l’audio ? OK, je dépose tout ça sur Dropbox »

Comme pour la majorité des concerts de blues (hors grosses pointures comme Eric Clapton ou autres BB King), à la sortie d’un show les artistes se prêtent volontiers à la séance des traditionnelles dédicaces. Je n’ai pas boudé mon plaisir d’avoir le plaisir d’échanger quelques mots avec cette belle plante. La suite restera du domaine privé.

Et pour finir ce long papier. Que vous soyez shedder, amateur de guitare, amoureux de la musique, la vraie, celle qui vous envoûte et vous prend les tripes : Allez voir Ana Popovic en concert, c’est vraiment un moment délicieux et savoureux. Vous n’en ressortirez pas indifférent..

 

VIDEOS : Sofaï & The Sweet Talkers (Paris@Mix Montparnasse, 2012.11.20)

VIDEOS :Ana Popovic (Paris@Mix Montparnasse, 2012.11.20)

VIDEOS : One Room Country Shack – Ana Popovic (Paris@Mix Montparnasse, 2012.11.20)

VIDEOS : Navajo Moon – Ana Popovic (Paris@Mix Montparnasse, 2012.11.20)

PHOTOS : Ana Popovic (Paris@Mix Montparnasse, 2012.11.20)

 

 

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