Neil Young and Crazy Horse @ Bercy : la chevauchée électrique

Neil Young et Crazy Horse étaient de retour en France ce jeudi soir à Bercy. 11 ans qu’on n’avait pas vu le Canadien accompagné de son groupe mythique. On ne pouvait pas rater ça.

Neil Young-Crazy Horse, Bercy 2013

Neil Young-Crazy Horse, Bercy 2013

Arrivée au POPB sur les coups de 20h. On entre dans la salle au son de Chicanos de Los Lobos. Excellente surprise en première partie. Pas de doute, Neil Young sait s’entourer. Le set est ponctué par l’inévitable La Bamba, intelligemment mixé avec le classique Good Lovin’ des Young Rascals. La soirée commence bien.

Fin de la 1ère partie. Le speaker annonce 30 mn d’entracte.

C’est alors que d’étranges savants fous en blouses blanches et crinières argentées s’agitent sur scène. Déplacent des instruments, se haranguent mutuellement. Les deux écrans géants sont rhabillés en tubes cathodiques.

Neil Young a le sens du spectacle. On repense aux Ewoks de Rust Never Sleeps.

Les lumières s’éteignent. John Lennon chante A Day in the Life pendant que des amplis Fender géants sortent doucement de leurs boîtes. Un micro géant descend sur scène.

Les membres du groupe débarquent et se dressent fièrement au son de… La Marseillaise !

Drôle d’entame.

Neil Young (67 ans) branche sa guitare. Son inimitable. C’est parti pour 2h de chevauchée fantastique avec Crazy Horse.

Y a pas à dire, le Canadien et ses copains envoient du lourd. Du très lourd. Ralph Molina, Frank Sampedro et Billy Talbot ont pris quelques rides, mais semblent s’être bonifiés avec le temps.

Love And Only Love, Powderfinger, Psychedelic Pill. L’alchimie entre ces vieux briscards est incroyable. La base rythmique est d’une solidité redoutable. Malgré la complexité des morceaux, pas une fausse note, pas la moindre approximation. Les changements de rythme (constants chez Neil Young) sont réalisés à la perfection.

Sur les interminables solos, les quatre cavaliers se regroupent, comme toujours, au centre de la scène, comme pour mieux surveiller les envolées des autres.

Ce Crazy Horse est une machine capable de rendre mélodieux ce déluge sonore. Les outros sont soignées, rallongées. Les guitares saturées. Au risque de dérouter les néophytes. Mais Neil Young n’a jamais fait dans la facilité.

Après un Walk Like a Giant anthologique (20mn !), le Loner sort sa guitare folk et son harmonica. Les premières notes d’Heart Of Gold renversent le public. L’enchaînement avec Blowin in the Wind (deuxième reprise de Dylan en deux jours après Sixto Rodriguez mercredi à la Cigale) est parfait. Fidèle à l’original et en même temps si éloigné des versions dylaniennes. Une jolie blonde joue les actrices (autre mise en scène surprenante) sur Singer Without a Song.

Heart Of Gold :

Ce sera le seul passage feu de camp du concert. Ce soir, c’est l’électricité qui prend le dessus. Le groupe retrouve sa féerie sonore sur l’excellent Ramada Inn avant d’enchainer les classiques Mr Soul, Cinnamon Girl et un Fuckin’ Up délirant. Duel d’insultes entre le Canadien et son guitariste «Poncho» Sampedro.

Neil Young finit son set avec un Hey Hey My My foudroyant. Avec ces gars, c’est sûr, «Rock n’ Roll can never die !»

Keep On Rockin’ in a Free World achève le public en rappel. Et c’est déjà fini. On aurait pourtant pu y passer la nuit. La bonne nouvelle, c’est que le cheval fou donnera encore quatre concerts en France cet été. A ne pas rater.

Setlist du 6 juin 2013 :

 1. Love and only love

2. Powderfinger

3. Psychedelic Pill

4. Walk like a giant

5. Hole in the sky

6. Heart of gold

7. Blowin’ in the wind

8. Singer without a song

9. Ramada Inn

10. Cinnamon girl

11. Fuckin’ up

12. Mr Soul

13. Hey Hey My My

Rappel : 

14. Rockin’ in the free world

A lire aussi:

Posted under: Live reports

Tagged as: ,

Share this:

One comment

  • Eric on 7 juin 2013 at 12:18 said:

    J’approuve :-)
    Enorme !!! J’ai adoré.Dans mon « top Live » à ce jour… Le temps n’a pas eu d’emprise sur ce groupe.Dans l’esprit, j’ai même parfois eu l’impression de me retrouver au fameux Live filmé de 78 (Rust never sleeps).Et je trouve N.Y beaucoup plus inspiré en Live qu’un Knopfler ou Clapton , avec pourtant presque le même âge.
    Seul bémol, une setlist un peu courte.
    (Et le groupe Los Lobos en open , c’était vraiment bon)

Laisser un commentaire

  • RSS
  • Facebook
  • Twitter
  • YouTube