The Who @ Bercy : Légendes (encore) vivantes

Deux heures trente de rock briton, Quadrophenia en intégralité et un rappel enivrant sous forme best of. Mercredi soir, The Who ont entretenu la légende à Bercy.

The Who, Bercy 2013

Roger Daltrey et Pete Townshend sur la scène du POPB, mercredi 3 juillets 2013

Il règne comme une atmosphère surannée à Bercy cet été. Après Neil Young et Mark Knopfler (voire Johnny Hallyday pour les personnes de mauvais goûts), un vent nostalgique semble souffler et rameuter tout ce que Paris compte de rockeurs à tempes grisonnantes. Mercredi soir, ce sont les Britanniques des Who qui ont entretenu la légende.

Vintage Trouble, Bercy

Vintage Trouble sur la scène du POPB

Arrivé peu après 20h, on entre dans l’enceinte parisienne au son des bien-nommés Vintage Trouble. Première partie Rock and Soul, emmenée par un excellent Ty Taylor, sosie physique et vocal de James Brown.

Les Californiens nous renvoient dans l’Amérique des 70’s. Même les écrans géants diffusent le concert en noir et blanc. Des gars dans l’air du temps donc.

Du bon son. Une très bonne prestation scénique. Le public se lève même sur le dernier morceau. Belle perf’ !

Vintage Trouble, Bercy

Ty Taylor, Nalle Colt, Rick Barrio Dill et Richard Danielson dans les travées du POPB

Après une demi-heure de show, Vintage Trouble quitte la scène par la grande porte. Les Californiens fendent la foule, sous les vivas des spectateurs visiblement conquis. Rarement vu ça pour un opening act.

Le speaker annonce l’habituel «entracte» de 30 mn. Le temps de filer au bar pour la 1664 de rigueur.

Il est 21h quand les lumières s’éteignent. Place aux vintages originaux.

La fosse, assise ce soir (les meilleures places dépassaient très largement la centaine d’euros), se lève pour l’entrée des artistes.

Roger Daltrey, Pete Townshend. Et huit autres musiciens, dont Simon, le frère de Pete.

Pete, la Mer et l'Union Jack

Pete, la Mer et l’Union Jack

C’est parti pour Quadrophenia. Second des opéras-rock du groupe, sorti en 1973, quatre ans après le légendaire Tommy, entièrement composé par le Maestro Pete Townshend.

Ce double album raconte l’histoire d’un jeune mod nommé Jimmy. Tout au long de l’album, Jimmy parle de ses problèmes avec sa famille, ses amis et surtout de la difficulté à se trouver soi-même. L’action se déroule dans les années 1960, lors des émeutes entre bandes rivales (mods contre rockers).

Merci Wikipédia

Daltrey, fidèle à lui-même, joue au lasso avec le cordon ultra-résistant de son micro. Townshend enchaîne ses habituels « windmill » (moulins à vent pour les non-anglophones).

Roger Daltrey, The Who

Les fans sont déjà conquis. Les autres attendront encore un peu.

La scénographie est plutôt réussie. Deux écrans sur les côtés, un géant derrière le groupe et trois arrondis au dessus rappelant les phares des scooters des Mods de l’époque.

On y voit des images de mer (beaucoup trop), des paysages britanniques, Londres. Mais surtout les Who eux-mêmes. Epoque 60’s, 70’s. Les images d’archives attirent inlassablement notre regard vers les écrans. Le passé prend décidément le dessus sur le présent.

Simon (frère de).

Simon (frère de).

Au chant, Roger Daltrey laisse parfois la place à son complice (I’M ONE) ou au frère de celui ci, Simon Townshend.

Le son est bon. C’est donc un tiercé gagnant pour Bercy après Neil Young et Knopfler. La musique est bonne, mélodieuse, mais malheureusement parfois (souvent) répétitive. Du moins pour nos oreilles néophytes.

Ce sont finalement les morceaux « post mortem » qui sortent du lot.

John Entwistle, d’abord. L’ancien bassiste du groupe (décédé en 2002) apparait sur les écrans le temps d’un solo de basse remarquable sur 5:15.

Keith Moon ensuite. L’emblématique batteur (décédé en 1978) ressuscite lui aussi et réveille le public sur un très bon BELLBOY.

Double standing ovation.

L’avant dernier morceau THE ROCK est le plus convaincant. Surtout le plus révélateur. Pete Townshend triture sa guitare pendant que les écrans géants racontent 40 ans d’histoire. Illustrée par des figures et événements emblématiques de la fin du XXe siècle (Lennon, Castro, Vietnam, Thatcher, 11/09…), la musique de Townshend prend alors tout son sens. Pete a composé une véritable bande son (et non, je ne fais pas référence au générique des Experts).

Fin de la première partie… heu… de Quadrophenia.

Pete, The Who, Bercy

Pete Townshend présente ses musiciens, remercie le public, avant de rebrancher sa guitare pour un rappel efficace, sous forme de best of.

L‘enchaînement est redoutable :

WHO ARE YOU
YOU BETTER YOU BET
PINBALL WIZZARD
BABA
WON’T GET FOOLED AGAIN (vidéo ci-dessous)

Cette fois, on en a pour notre argent.

 

Roger Daltrey, Pete Townshend

Roger Daltrey et Pete Townshend : The Who !

Roger Daltrey rend à son tour hommage au «Maestro Pete Townshend, sans qui nous ne serions pas ici pour jouer cette musique». Nouvelle ovation. Méritée. 

Finale acoustico-kitsh sur «TEA & THEATRE». Interprété en duo, tasse de thé à la main pour Daltrey, guitare folk pour Townshend. 

 

Townshend part saluer le public, son staff le rappelle à l’ordre. Il est temps de rentrer. 

The Who, Bercy

Roger et Pete, jeunes

A ma gauche, un fan heureux, à ma droite, le co-auteur de ce blog, éternel insatisfait se plaint de n’avoir eu droit à aucun solo :

«Et après on dit que Mark Knopfler ne joue plus de guitare ?

Ce soir, on a vu des légendes vivantes, d’autres mortes. Reste à déterminer lesquelles étaient les plus efficaces.

Set List 

Quadrophenia
I Am the Sea
The Real Me
Quadrophenia
Cut My Hair
The Punk and the Godfather
I’m One
The Dirty Jobs (Simon Townshend on vocals)
Helpless Dancer
Is It in My Head?
I’ve Had Enough
5:15 (John Entwistle)
Sea and Sand
Drowned
Bell Boy (Keith Moon )
Doctor Jimmy
The Rock
Love, Reign O’er Me

Rappel
Who Are You
You Better You Bet
Pinball Wizard
Baba O’Riley
Won’t Get Fooled Again
Tea & Theatre

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One comment

  • Elian on 4 juillet 2013 at 5:11 said:

    Il est bon notre David !
    Je contre balancerai quelque peu ses dires. Certes le Quadrophenia fut exécuté dans les règles de l’art mais je pense que ce spectacle s’adressait à de vrais fans (dont je ne fais pas parti).
    Les seules parties qui ont suscités mon intérêt furent les duos virtuels mentionné dans le papier et les rappels… et encore, ces derniers n’ont pas retrouvé leurs fougues d’antan. Il est loin le temps où les WHO retournaient les salles. Le Won’t Get Fooled Again, bah moi je préfère quand c’est Bertignac qui le joue :-(
    Une chose est sur : Je n’y retournerai pas !

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