Garland Jeffreys @ New Morning : la renaissance

L’inépuisable showman a délivré son savant mélange de soul, de rhythm’n'blues et de rock sur la scène du New Morning samedi soir. A 70 ans, Garland Jeffreys est en pleine renaissance.  

Garland Jeffreys au New Morning

Fin du concert, Garland Jeffreys quitte la scène pour se mêler une dernière fois à la foule. Au milieu de fans conquis, le natif de Brooklyn distribue sourires et accolades. L’image en dit long sur le lien qui l’unit à son public parisien. Une histoire d’amour privée. Entre connaisseurs. Garland aime Paris et Paris le lui rend bien.

Pendant près de deux heures, ce métisse afro-latino-américain, quasi inconnu en France, a tout donné sur la scène si particulière du New Morning.

Accompagné d’excellents musiciens, aux styles et influences diverses, Garland Jeffreys démarre le show sur CONEY ISLAND WINTER. Morceau d’ouverture de KING OF IN BETWEEN, l’album qui signait son retour aux affaires après 13 ans d’absence.

Intro lancinante, rythme entraînant. Garland se balance sur le pied de son micro. Quatre minutes de Rock n’ Roll, une histoire de décadence urbaine et de sacrifice. Garland parle de ce qu’il connaît. Le phrasé n’est pas sans rappeler son vieux copain Lou Reed (ils se sont connus dans les 60s à l’université).

DSC04369

A peine le premier morceau conclu, Garland Jeffreys salue le public. Vante les charmes de Paris. Évoque son « best friend » Antoine de Caunes. Le fan numéro un de Bruce Springsteen
(c’est Garland Jeffreys qui l’a présenté au Boss), qui l’avait invité sur le plateau du Grand Journal la veille au soir, brille par son absence.
« Il est tellement gentil. Il m’a invité à son émission. C’était quand déjà ? Hier ? Le temps passe si vite ici », lance-t-il hilare. « Il m’a dit que le public parisien était ultra branché.  C’est vrai ? »

Garland se remémore ses passages télévisuels français à Chorus, aux Enfants du rock, les concerts au Palace, où « Antoine » le faisait sortir d’une petite boîte ou descendre sur scène depuis une corde. « On faisait vraiment n’importe quoi. »

Garland Jeffreys au New Morning

Véritable showman, quelque part entre James Brown et Bruce Springsteen, l’Américain a fait étalage de ses nombreuses facettes. Musicien, compositeur, conteur, sens inné de l’interprétation. Garland introduit chaque morceau, évoque son enfance dans la banlieue new yorkaise, la peur qu’il ressentait chaque soir lorsque son père rentrait à la maison, enchaîne les blagues et les anecdotes. Il en rajoute souvent. A la manière d’un comédien de stand up US.

La chemise à paillette est trop longue. Et trop ajustée à la fois. Garland Jeffreys a pris du bide. Mais le chanteur est en grande forme. Un regard vers la droite, un pas vers la gauche, un saut dans le public. Garland chante au milieu de ses fans, s’assoie sur les genoux des premiers rangs, fait danser les jolies blondes. On le verrait aisément amuser le troisième âge dans les casinos de Vegas ou d’Atlantic City.

Côté musique, Garland et sa bande alternent classiques (MYSTERY KID) et compositions récentes (CONTORTIONIST, JOHN LEE HOOKER), revisite Dylan (A HARD RAIN’S GONNA FALL). Mais c’est une autre reprise qui clôt le premier set. « On est censé faire une pause là, mais on va d’abord vous offrir du bon vieux rock n’ roll », annonce Jeffreys avant de lancer un 96 TEARS endiablé.

96 Tears – Garland Jeffreys (Paris @New Morning, 2013.10.19)

Garland virevolte, se mêle au public, s’allonge sur scène, se relève, se bat avec un matériel douteux (ou est-celui qui casse tout ?). Pied de micro, micro, pupitre, on ne compte pas les interventions des régisseurs sur scène.

Après une version survoltée de I’M ALIVE, qui verra Jeffreys poser sa tête sur les genoux de la voisine de votre serviteur, il fini d’achever ses fans de la première heure avec un rappel vintage. HAIL HAIL ROCK N ROLL et MATADOR, ces deux tubes.

Fin du concert. Les musiciens regagnent les loges. Garland Jeffreys, lui redescend se mêler à la foule, serrer des mains, discuter avec ses fans. On quitte la salle avec cette belle image d’un artiste généreux au milieu de son public.

Troisième sans faute consécutif au New Morning après Graham Parker et Jonny Lang. Assurément l’une de nos salles parisiennes préférées.

A lire aussi:

Posted under: Live reports

Tagged as: ,

Share this:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

  • RSS
  • Facebook
  • Twitter
  • YouTube