Kurt Vile @ Gaité Lyrique : La force tranquille

Huit mois après la parution de son dernier album, le séduisant Wakin’ On A Pretty Daze, le songwriter américain, prodige du rock indépendant, fait escale à Paris.

Kurt-Vile-Paris-2013 (6)Certains artistes sont nés pour la scène. Ce n’est pas le cas de Kurt Vile. Mais ce n’est pas grave.

Membre fondateur du groupe The War on Drugs qu’il a quitté en 2008, ce natif de Philadelphie livre du bon folk rock, tendance Crazy Horse. Après un premier opus publié en 2011, Smoke Ring for My Halo, Kurt Vile a confirmé son talent majeur au printemps dernier avec l’attachant Wakin on a Pretty Daze (Matador/Beggars). Le songwriter y signe de superbes compositions assez intemporelles, dans la lignée de Neil Young ou Lou Reed.

C’est accompagné de ses polyvalents Violators que l’on retrouve le guitariste sur la scène de la Gaité Lyrique. Slim, basket, tee-shirt rayé et veste trop large. Caché sous une épaisse tignasse de hippie démodée, le prodige du folk urbain-psyché-indé américain, rappelle le jeune Bruce Springsteen époque Steel Mill.
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Kurt Vile ouvre le set avec deux des meilleures titres de son dernier album. WAKIN ON A PRETTY DAY et KV CRIMES. Le tempo est souvent lent, les riffs lancinants, le phrasé particulier, l’air désabusé.


Dans une première partie de concert assez scolaire, le trentenaire au look d’ado récite parfaitement sa leçon. La guitare est onmiprésente. Véritable maniaque de l’instrument – il a commencé la musique par l’apprentissage du banjo avant de passer à la guitare -, Kurt Vile semble obsédé par son jeu. Dans son style peu orthodoxe, tête baissée, les yeux rivés sur les cordes, le gratteux ne laisse apparaître qu’une touffe épaisse de cheveux lorsqu’il part dans des solos aux accents lyriques.

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Après une heure de show, ses musiciens quittent la scène pour un intermède acoustique réussi. Seul face au public, guitare en bandoulière, le taciturne Vile livre deux belles compositions tirées de son premier album. Deux morceaux courts et simples, construits autour quelques accords, dans la pure tradition folk. On découvre alors les talents de storyteller de l’Américain. Paroles imagées, phrasé lancinant. On pense à Bob Dylan.

Les Violators le rejoindront sur scène pour un final assourdissant. L’inspiration folk laisse place aux influences punk et grunge. Kurt Vile monte le son, étire les morceaux, triture sa guitare, son batteur martèle ses fûts, son guitariste a troqué sa six cordes contre un saxo qu’il pousse dans les aigus pour un final apocalyptique.

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