Sixto Rodriguez @ Olympia : la résurrection

En meilleure forme que l’an dernier, Sixto Rodriguez, ressuscité depuis la sortie du film Sugar Man en 2012, a conquis la salle parisienne dimanche.

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« C’est brouillon, c’est mignon. » Sourires faciles et remarques bienveillantes, les spectateurs présents ce dimanche soir à l’Olympia sont heureux. Face à eux, un vieux monsieur. C’est Sixto Rodriguez. Sugar Man. « 72 ans bien tassés », murmura-t-il à deux reprises. Héros maudit sorti de l’ombre grâce au documentaire de Malik Bendjelloul oscarisé sorti fin 2012. L’histoire du musicien le plus talentueux de sa génération, passé à côté de sa carrière.

De retour sur le devant d’une scène qu’il n’a pas suffisamment foulée, ce « Dylan chicano », sourire aux lèvres, chapeau haut de forme et veste bling bling est escorté jusqu’au pied du micro par sa fille. A moitié aveugle et physiquement diminué, le natif de Detroit est à l’image de sa ville natale, un monument usé.

Après des années passées dans l’anonymat, entre chantiers et politiques, le musicien d’origine mexicaine a trouvé son public. Et ce dernier le lui rend bien. Sa seule date française affichait d’ailleurs complet depuis bien longtemps. En tournée depuis près d’un an, nous l’avions déjà applaudi lors de son passage parisien à La Cigale en 2013, la moins pire de ses trois dates françaises qui marquaient le démarrage de sa résurrection scénique.

Rodriguez ouvre le bal en solo avec 4 morceaux acoustiques. Dont une première reprise, LA VIE EN ROSE. La voix manque de justesse mais reste touchante. Joliment fanée et parfaitement reconnaissable. La magie opère.

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Le musicien est en forme et de bonne humeur. Il échange avec le public, tente quelques blagues pas toujours audibles. Mais n’oublie pas sa casquette de protestataire. Sixto énonce quelques phrases, un peu machinalement, pour la paix en Ukraine, contre la violence faite aux femmes ou la haine en général, entre deux verres… d’eau. On est loin des multiples verres de vin descendus l’an dernier.

En 2014, Sixto est rodé. Et mieux entouré. L’arrivée des musiciens (en formation réduite : guitare, basse, batterie) marque le changement de registre radical avec l’interprétation du LUCILLE de Little Richards. Les racines du rock n’ roll en mode balourd. Suivront un paquet de reprises plus ou moins réussies (BLUE SUEDE SHOES, UNCHAINED MELODIE, FEVER) et une large partie de son propre répertoire. Le public suit.

Les morceaux phares (I WONDER et SUGAR MAN) sont expédiés au bout d’une demi-heure. Dommage. Ils auraient mérité un meilleur traitement.

Face à une foule compacte et intergénérationnelle, l’homme en noir qui exhibe des biceps à faire pâlir Johnny, termine le concert dans un court mais intense déluge sonore. Encore une reprise. Sinatra cette fois. I’M GONNA LIVE TILL I DIE. Tout un symbole pour cet expert en renaissance.

Galerie photos (Crédits : platplatplat)

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