Ben Harper @ Folies Bergères : Comme à la maison

Pour son retour à Paris, l’Américain est revenu sources. Seul sur scène, Weissenborn sur les genoux, il a égrené pendant près de 2h30, les nombreuses facettes de sa carrière devant un public conquis d’avance. Récit de la première de ses trois « Acoustic evenings with Ben Harper » aux Folies Bergères. 

Chapeau sur la tête, entouré de quatre six cordes et de deux pianos, Ben Harper trône sur scène, au milieu d’un parterre de tapis. Neil Young style. On ne l’avait plus vu assis, guitare sur les genoux, depuis longtemps. Depuis une dizaine d’années, le Californien se présente debout, accompagné de groupes éphémères (Relentless 7) ou de monstres sacrés (Blind Boys of Alabama), défendant des albums plus ou moins réussis mais toujours animé par cette envie et ce besoin de découverte musicale. Après sa collaboration bluesy avec Charlie Musselwhite (Get Up ! en 2013), c’est avec sa mère, Helen, que Ben Harper s’est posé le temps d’un album (Childhood Home 2014). Dix morceaux ancrés dans le folk US et composés en famille. Prétexte à ce retour à Paris, sa ville d’adoption, 20 ans après ses débuts.

Un retour aux origines illustré dès l’entame du concert samedi avec le morceau titre de son premier album (WELCOME TO THE CRUEL WORLD). Interprétation fidèle glissée entre deux superbes titres instrumentaux (STRUT, NUMBER THREE). De quoi mettre en valeur le son de sa Weissenborn fétiche dans la spectaculaire salle des Folies Bergères.

Sans transition, le natif de Claremont passera ensuite d’une époque et d’une guitare à l’autre : folk sur DIAMONDS ON THE INSIDE, électrique pour le sublime FIGHT OUTTA YOU. Il s’accompagnera même d’une boite à musique sur un intense BETTER WAY, ou d’un piano pour BORN TO LOVE YOU et TRYING NOT TO FALL IN LOVE WITH YOU.

Ben Harper 2014 (6)

L’auteur compositeur enchaîne les morceaux sans transition. Il nous livre un concert sans trame ou fil conducteur. Plutôt l’occasion d’offrir au public des titres rarement entendus sous cette forme brute. Ben Harper ne nous raconte pas d’histoire. Si ce n’est la sienne. Ou plutôt celle qu’il entretient avec ce public français qui le chérit depuis deux décennies. Il en profitera notamment pour raconter la genèse d’un titre composé à Paris (DIAMONDS ON THE INSIDE) ou de descendre dans la fosse – assise – pour embrasser chaleureusement un spectateur.

« Some of us have grown up together, haven’t we? Thanks for following me around and giving me someone to talk to” soufflera-t-il dans sa langue natale. Malgré le succès qu’il connaît dans l’Hexagone depuis le début des années 90, le gars n’aligne toujours pas deux mots de français.

Passée une demi-heure de solo, le guitariste fait monter quelques guests. D’abord sa mère, croisement vocal entre Joni Mitchell et Emmylou Harris, le temps de deux morceaux (CITY OF DREAMS et BORN TO LOVE). Puis The Lyris Quartet, quatuor à cordes californiens, qui plombera l’ambiance sur MORNING YEARNING et WAITING FOR YOU avant de quitter la salle sur une meilleure note avec un AMEN OMEN convaincant.

Ben Harper 2014 (8)

Parmi les temps forts de la deuxième moitié du show, on retiendra les classiques WAITING ON AN ANGEL et WALK AWAY. Sobres et efficaces. Et deux reprises : une version de HEART OF GOLD, très proche de l’originale de Neil Young, puis le HALLELUJAH de son « héros » Jeff Bukley, après une longue intro au cours de laquelle Ben Harper rappellera sa rencontre avec le chanteur et guitariste californien décédé en 1997, au milieu de années 90’s, à l’époque où tous les deux n’étaient populaires qu’en France. Ben Harper qui reprend Jeff Buckley, cliché, mais un gros succès dans la salle.

L’ancien compagnon de Laura Dern profitera d’ailleurs de la clémence du public pour lui faire chanter un joyeux anniversaire à la sœur de sa « girlfriend ». On s’en serait bien passé.

Ben Harper 2014 (10)

Il faudra toutefois attendre la toute fin du show pour voir Ben Harper sous son meilleur visage. I TRUST YOU TO DIG MY GRAVE, le deuxième inédit de la soirée après TRYING NOT TO FALL IN LOVE WITH YOU prévu pour un prochain album avec Charlie Musselwhite. Energique, bluesy et électrique, ces deux titres ont démodé d’un seul coup tout la discographie du bonhomme tatoué. L’influence de l’harmoniciste lui réussit et laisse entrevoir un bel avenir de bluesman au Californien. Ben Harper quittera la scène après 2h30 de prestation et ne reviendra plus malgré une standing ovation de plus 15mn. Pas à dire, les Français l’adorent.

La set-list sur benharper.com

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