Har Mar Superstar @ Solidays

Physique improbable, front dégarni et barbe sauvage, Har Mar Superstar n’a pas la gueule de l’emploi mais il en a le talent. Paradoxe ambulant, ce soulman blanc un brin exhibitionniste, est un entertainer incroyable. Vendredi aux Solidays il a envoyé sa soul funk endiablée sauce Motown sous un chapiteau conquis.

Une claque. Une vraie. De celles qui vous réveillent et remettent en question tout ce que vous savez sur la musique et ceux qui l’interprètent. C’est l’effet que toute personne normalement constituée devrait éprouver à l’écoute de Bye Bye 17, le cinquième album du farfelu Har Mar Superstar. Un disque qui mêle soul sixities, rythm & blues et funk comme aucun autre depuis que Berry Gordy a déménagé les studios de Motown de Detroit à Los Angeles en 1971.

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Après l’avoir raté en février dernier à la Maroquinerie, on ne pouvait pas faire l’impasse sur la prestation du soulman américain aux Solidays cet été. Showman et musicien atypique, réputé de l’autre côté de l’Atlantique pour son autodérision et ses effeuillages scéniques depuis le début des années 2000.

Chauffé par la prestation énergique d’Hollysiz, on se cale au premier rang du chapiteau pour ne rien rater du spectacle. Sans difficulté, la foule s’est dirigée à l’autre bout de l’hippodrome de Longchamp pour assister au concert annuel de M.

Il est 22h quand l’Américain rondouillard débarque sur scène, espadrilles Toms aux pieds, couverture mexicaine bariolée sur la tête. « Je suis Har Mar Superstar » annonce-t-il, en français dans le texte. S’il est accompagné de trois musiciens (un guitariste, un bassiste chevelu et un batteur au physique de jeune premier), tous aussi pro que discrets, la Superstar, c’est Har Mar. C’est d’ailleurs lui qui lance les morceaux depuis son… iPhone. Seul moyen trouvé par l’auteur compositeur pour compenser l’absence de cuivres et claviers sur scène. Une technique qui ne laisse malheureusement aucune place à l’improvisation.

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Après une entame aux influences disco (on pense aux Jackson Five), Har Mar Superstar, Sean Tillman dans la vraie vie, lance la killer intro de LADY YOU SHOT ME, le tube de son dernier album. Cuivres puissants, clavier habités, Har Mar Superstar chante les derniers mots prononcés par le grand Sam Cooke avant sa mort, avec intensité et conviction. Diablement efficace. Suivra la cadence rythmée de PRISONER OF LOVE sur lequel Sean et ses copains reviennent flirter avec la parodie, petits pas de danse vintage à l’appui.

La bête de scène ne laisse rien au hasard. Surtout pas ses tenues vestimentaires. Il troque d’abord sa couverture pour un poncho disco, avant de révéler un pull tout droit sorti des années 80 puis d’exhiber un débardeur du plus bel effet. Har Mar flirte avec le ridicule sans jamais y succomber. Même quand il chante la tête en bas, les pieds en l’air ou lorsqu’il parodie James Brown en jetant sa serviette humide aux groupies du premier rang, sourire en coin.

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Pendant une heure (oui, c’est un festival), le sosie de la pornstar Ron Jeremy envoie sa soul funk endiablée sauce Motown. Même les morceaux aux sonorités plus pop de son précédent opus (Dark Touches) passent bien.

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L’Américain, qui doit son nom de scène à un centre commercial de son Minnesota natal, reprend ses habits de crooner sur WWW et LATE NIGHT MORNING. Penché sur son micro, les yeux plissés, Sean Tillman joue les soulmen avec émotion. Un chanteur noir dans un corps de looser blanc.

Torse poil, bedaine saillante, l’exhibitionniste termine le show seul sur scène, guitare en bandoulière, pour une reprise de Sam Cooke BRING IT HOME TO ME. Plus de musicien, plus de sample, juste Har Mar et sa musique. Sincère et poignant. Sean Tillman, derrière ses airs de clown, se pose en digne héritier des plus grands.

Un regard en arrière, le chapiteau est plein. On a probablement assisté au concert révélation des Solidays. La bonne nouvelle c’est qu’il remet ça en septembre au Cabaret Sauvage. L’occasion de retrouver l’anti beau gosse une fois de plus en slip sur scène.

Galerie photos (via platplatplat) :

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