The Tallest Man on Earth @ Le Divan du Monde : La séduction suédoise

L’auteur compositeur est une étonnante bête de scène. Un performeur prêcheur au regard séducteur.

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The Tallest Man On Earth n’est pas si grand. 1,70m. Bottines comprises. C’était d’ailleurs le plus petit des musiciens présents sur la scène du Divan du monde jeudi à soir à Paris. Et pourtant, pendant près de deux heures, elle a semblé trop étroite pour lui. L’auteur-compositeur suédois s’est démené, étiré, essoufflé face à un public de hipsters conquis. Séducteur en puissance, ce beau gosse scandinave semble en recherche permanente d’un regard dans le public, d’un incrédule à convertir.

Kristian Matsson, qui es-tu ?
Performeur charmeur donc, Kristian Matsson (c’est son nom) occupe l’espace et brille de mille feux. Transpire aussi. A grosses gouttes. Ni la présence d’un groupe à ses côtés (une nouveauté), ni la canicule, n’ont calmé les ardeurs de cette bête de scène.

Depuis ses débuts en 2008, le Suédois la jouait plutôt en solo, simplement accompagné d’une guitare ou d’un banjo. Une sobriété scénique et un folk suranné qui lui ont valu des comparaisons élogieuses. De Dylan à Bon Iver. Impossible d’ailleurs de ne pas penser au troubadour du Minnesota, tant la voix nasillarde et la plume affûtée rappelle le jeune Dylan du début des années 60. Après trois albums acoustiques, Matsson, 33 ans, comme le Zim avant lui, a choisi d’emprunter une nouvelle voie en enregistrant son dernier album avec une formation élargie.

Bête de scène
La tournée de promotion de “Dark Bird is Home” marque donc une rupture. Le folkeux lorgne vers folk-rock, tendance americana. On passe de Dylan aux Byrds.

Derrière les instruments, on retrouve le coeur de la musique de The Tallest Man on Earth : des ballades simples et poignantes, des mélodies percutantes, des histoires personnelles. Une mélancolie contrastée par une hyperactivité scénique et une rythmique endiablée.

Guitare en bandoulière, ce maître du fingerpicking écume les dix compositions de son dernier opus, revenant ponctuellement, seul ou accompagné, sur les classiques des albums précédents. Ce soir au Divan du monde, le souriant suédois improvisera même une ritournelle dans sa langue natale, après avoir endommagé le violon d’un de ses musiciens. « Désolé, j’ai transpiré dessus », s’excusera t il.

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Devant ses quatre compagnons, sagement relégués au fond de la scène, et leur large éventail d’instruments (saxophone, violon, piano, etc), Matsson ne tient pas en place. A l’aise dans ses bottines, chemise noire et pantalon ultra slim, le Suédois saute, s’assoit, s’accroupit, parcourt la scène de long en large, mais revient toujours devant son micro à temps pour le prochain couplet. Vous avez dit Springsteen? On pense fort au Boss sur Darkness Of Dreams et Sagres.

Points culminants du concert Paradoxalement les morceaux au tempo le plus lent. Le poignant Love is all (voir la vidéo) et le bluesy Dreamer. Sur ce dernier, joué lors du rappel, on a découvert un Matsson encore plus séducteur. Sans guitare, les mains libres, il livre une performance intense et chaleureuse dans la lignée des plus grands soulmen.

Quand soudain, l’artiste s’approche pour me subtiliser mon téléphone :

Le soir où #TheTallestManOnEarth m’a volé mon iPhone #Thedreamer #SwedishFolk #SwedishRock #ledivandumonde #paris

Une vidéo publiée par David Leonor (@davidleonor) le

« Please come back in october » implorera-t-il pour tenter de convaincre les derniers incrédules. Le rendez-vous est pris.

 

Love is All par The Tallest Man on Earth

 

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