Jason Isbell au Le Café de la Danse : Bob Dylan dans la peau

Non, la country n’est pas morte. Elle a juste changé de nom. On l’appelle maintenant «Americana». Elle a un peu évolué, mais reste toujours ce savoureux mélange de folk, de blues et de rock (tendance sudiste). Le tout bien ancré dans les racines de la musique américaine. Jason Isbell en est le plus fidèle représentant. Et l’un des meilleurs auteur-compositeur-conteur du moment. On l’a découvert sur la scène du Café de la Danse jeudi soir. Quelle claque!

C’est qui ce gars ?

Totalement inconnu en France, ce trentenaire originaire d’Alabama, passé par le groupe Drive-by Truckers (2001-2007), mène depuis une quinzaine d’années une carrière solo fructueuse aux Etats-Unis, ponctuée par deux Grammy Awards en 2016. Nous l’avons découvert, grâce à Fargo, avec la sortie de Something More Than Free en 2015 mais c’est son premier album solo Sirens of the Ditch (sorti en 2007) qui nous a convaincu de prendre nos billets pour son concert parisien. Avec son groupe, The 400 Units, ils sont venus promouvoir l’excellent The Nashville Sound, sorti cet été.

Et alors, ça donne quoi la country en 2017 ?

Autant vous prévenir, on est assez loin de Johnny Cash et de la Carter Family. Isbell flirte tantôt avec le rock sudiste tantôt avec la folk américaine. C’est sûrement son timbre de voix, légèrement rocailleux et son accent sudiste qui le rapprochent le plus de son premier amour, la country. En plus de son physique de footballeur américain bien sûr.

De ballades épurées et poignantes (Elephant, Cover Me Up) en morceaux plus pêchus (Hope the High Road), Jason Isbell et ses musiciens débordent d’une honnêteté bouleversante et rafraîchissante. Le natif d’Alabama est un conteur virtuose. On pourrait l’écouter pendant des heures. Ses compositions, brillantes, touchantes, et souvent autobiographiques rappellent les plus grands noms de la musique américaine. De Bruce Springsteen à Tom Petty, en passant par l’incontournable Bob Dylan, son idole, dont la prose tatouée orne son avant-bras musclé :

«Just carry yourself back to me unspoiled, from across that lonesome ocean» (Reviens-moi simplement intact, de l’autre côté de cet océan solitaire, extrait de Boots of Spanish Leather.)

Bref, c’était une sacré bonne soirée !

Et on a même apprécié la talentueuse Tift Merritt en première partie.

La SetList du concert du 2 novembre

  1. Anxiety
  2. 24 Frames
  3. Hope The High Road
  4. White Man’s World
  5. Decoration Day
  6. Something More Than Free
  7. Different Days
  8. Molotov
  9. Last Of My Kind
  10. Alabama Pines
  11. Elephant
  12. Cumberland Gap
  13. Tupelo
  14. Stockholm
  15. Cover Me Up
  16. If It Takes a Lifetime
  17. Super 8 Motel
  18. If We Were Vampires
  19. Never Gonna Change

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David Écrit par :

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