Alice Cooper et son petit théâtre de l’horreur

Des guitares et du sang. Alice Cooper était à Paris dimanche soir. La légende bien vivante du hard-rock, qui a passé les 40 dernières années à simuler sa mort sur scène, nous a offert une prestation jouissive, décapante et déroutante à la Salle Pleyel, enceinte parisienne construite à l’origine pour… la musique symphonique. Décalage assuré. Il faut dire qu’un concert d’Alice Cooper n’est pas un concert comme les autres. Entre les guitares et les solos de batterie se niche un petit théâtre de l’horreur.

Blousons en cuir et médaillons Art déco

Alice Cooper, 2 décembre 2017 @La Salle PleyelMais reprenons depuis le début. Il est 19h quand nous pénétrons dans le gigantesque hall de la Salle Pleyel, en plein VIIIème arrondissement. Au milieu des ferronneries et médaillons Art déco déambulent blousons en cuir et tignasses longues alléchés par des stands de merchandising sanguinolent. Au bar, on sert du champagne. Les serveurs portent chemise blanche et boléro. On se contentera d’un demi de mauvaise Bud en verre recyclable et consigné.

Même décalage dans la salle : les boiseries et les confortables sièges tranchent radicalement avec le rideau baissé sur scène sur lequel on découvre le regard effrayant d’Alice Cooper, deux horribles araignées incrustées dans les yeux.

alice Cooper, 2 décembre 2017 @la Salle Pleyel

Il est 20h pile quand les lumières s’éteignent et laissent place à une voix grave et menaçante : “Vous avez choisi de passer de passer une soirée avec Alice Cooper”. A nos risques et périls semble-t-il. Baisser de rideau et c’est parti pour le très heavy metal Brutal Planet. Alice Cooper (69 ans, quand même) et ses cinq musiciens débarquent, lookés et maquillés, en bons hard-rockeurs.

Le son est irréprochable, la visibilité, même au fond de la salle où nous étions, parfaite. En fait, c’est l’endroit idéal pour un concert de hard-rock. Après tout pourquoi les rockeurs maquillés n’auraient-ils pas droit aux belles salles ? Le genre musical (largement sous estimé en France) n’est plus réservé aux rebelles ou aux paumés. Il fallait quand même débourser 78€ pour une place assise.

 

L’ovni Nina Strauss

Alice Cooper, 2 décembre 2017 @La Salle PleyelOn ne voit pas le temps passer pendant la première demi-heure : No More Mr. Nice Guy, Under my Wheels, Department of Youth, Pain, Billion Dollar Babies, The World Needs Guts, Woman of Mass Distraction. Les morceaux s’enchaînent sans temps mort. C’est tout juste si on laisse le temps à Alice Cooper d’enfiler les vestes et accessoires que lui tendent d’étranges personnages cachés dans la grosse caisse posée sur scène.

En bon maître de cérémonie, il mène ses musiciens à la baguette. Littéralement. Ce qui n’empêche pas ces derniers d’occuper parfois le devant de la scène avec brio. Mention spéciale pour la voluptueuse Nina Strauss, un ovni dans l’univers du hard rock. Véritable showwoman, elle arpente la scène de long en large, chevelure blonde au vent, décolleté apparent. L’ancienne musicienne des The Iron Maidens, cover band féminin d’Iron Maiden, est la star du groupe. Elle sera d’ailleurs la seule des trois guitaristes à avoir droit à son solo seule sur scène.

The Alice Cooper Horror Picture Show

A mesure que l’heure passe, le show va progressivement basculer vers le théâtre de l’horreur. Et notre belle Alice va en subir les frais. Transformé en monstre géant pour le final de Feed My Frankenstein, le vétéran du hard-rock chantera enfermé dans une camisole de force et torturé par deux infirmières sexy-maléfiques. Une succession de saynètes toutes très réussies jouées par une galerie de personnages monstrueux. Impossible de ne pas penser au Rocky Horror Picture Show.
Alice Cooper, 2 décembre 2017 @La Salle Pleyel

Avant un final jouissif, nous aurons droit à l’inévitable ballade : Only Women Bleed, que les fans de Guns n’ Roses connaissent bien (mais si, l’intro de Knockin’ on Heaven’s Door jouée par Slash en concert depuis 1992, c’est ça).

Le clou du spectacle ? L’immanquable décapitation à la guillotine de la vedette. Même pas mort, Alice Cooper reviendra, avec sa tête, pour un final explosif  : School’s Out. Classique parmi les classiques, interprété tambours battants et ballons volants, enrobé de quelques couplets bienvenus de Pink Floyd (The Wall).Alice Cooper, 2 décembre 2017 @La Salle Pleyel

Après la présentation de ses musiciens, et avant le tomber de rideau, le vieux cabotineur tombera lui même le masque : «…et dans la peau d’Alice Cooper, Vincent Damon Furnier» (son véritable patronyme). Fini de jouer. Il est 21h27. On remballe. Ce fut court, mais bon.

alice Cooper, 2 décembre 2017 @la Salle Pleyel

Set list

1.Brutal Planet
2.No More Mr. Nice Guy
3.Under my Wheels
4.Department of Youth
5.Pain
6.Billion Dollar Babies
7.The World Needs Guts
8.Woman of Mass Distraction
9.Guitar Solo
(Nita Strauss)
10.Poison
11.Halo of flies
(Drum solo)
12.Feed My Frankenstein
13.Cold Ethyl
14.Only Women Bleed
15.Paranoiac Personality
16.Ballad of Dwight Fry
17.I Love the Dead
18.I’m Eighteen

Encore:
19.School’s Out
(feat. Zoltan Bathory de Five Finger Death Punch)

alice Cooper, 2 décembre 2017 @la Salle Pleyel

 

Galerie Photos

A propos de ce blog

Vous aimez les guitares, les cheveux longs et la sueur de la fosse, ce blog est fait pour vous.

Notre mission : vous faire (re)vivre les concerts auxquels on assiste. Et ne comptez pas sur nous pour brosser les métalleux dans le sens des poils, chez I WAS THERE, on n'est pas des vendus, on paie nos places.

Ce site est aussi le votre, si vous avez des photos, des commentaires ou des liens à partager : n'hésitez pas !

Étiquettes

David Écrit par :

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire