Jonathan Wilson, un oiseau rare au Point Ephémère

Un concert de Jonathan Wilson, c’est un voyage dans le temps. Une plongée euphorisante à travers 40 ans de musique anglo-saxonne.

Mercredi soir, pour la première de ses deux dates parisiennes, le natif de Caroline du Nord exilé à Los Angeles a fait le tour de ses influences, du folk californien au rock sudiste en passant par le rock progressif britannique.

Chanteur, compositeur, guitariste, producteur, Jonathan Wilson (43 ans) est un cumulard heureux. Après avoir supervisé les albums de Father John Misty ou Roger Waters, et entre deux tournées avec l’ex-Pink Floyd, le surdoué américain s’est remis à son compte pour enregistrer Rare Birds, prolongement des merveilleux Fanfare (2013) et Gentle Spirit (2011). Deux opus qui oscillent entre folk californien (Crosby, Stills, Nash & Young) et rock sudiste (The Allman Brothers Band), voire psychédélique (The Grateful Dead).

Sur son dernier disque, Rare Birds donc, ce collectionneur d’instruments explore des sons plus contemporains, avec l’introduction de synthétiseurs, de boîtes à rythme et même, d’un malheureux vocodeur. Il a heureusement fait très peu usage mercredi soir sur la scène du Point Ephémère. Même si le show fit la part belle à Rare Birds.

Entouré de quatre musiciens (basse, guitare, clavier et batterie), Wilson ouvre la soirée avec trois titres issus de son “oiseau rare”. Le morceau d’ouverture donne le ton : l’entraînant Trafalgar Square et son riff résolument rock met tout le monde d’accord. Suivra l’envoûtant Me, parfaite transition vers le soft rock d’Over the Midnight, où l’harmonie des sons organiques et synthétiques n’est pas sans rappeler le souffle épique des compositions d’Adam Granduciel de The War On Drugs.

Pendant près deux heures, Wilson et sa bande vont alterner les longs morceaux aux accents parfois jazzy ou psychédéliques (Dear Friend, Valley of the Silver Moon) et les formats plus courts aux inspirations folk (There’s a light, Miriam Montague).

Parmi ses musiciens, mention spéciale pour le batteur avec lequel Jonathan Wilson, qui s’est lui-même consacré de longues années à la batterie jazz, semble en parfaite symbiose.

Particulièrement à l’aise avec ses guitares (acoustiques ou électriques), Wilson nous gratifie de quelques solos puissants et mélodieux («Un bon solo de guitare doit pouvoir être fredonné, comme ceux de David ­Gilmour», explique-t-il). Un régal. On s’ennuie davantage lorsqu’il passe au clavier (Sunset Blvd).

Et ce ne sont pas les animations psychédéliques projetées derrière le groupe qui changeront la donne.

Après un Valley of the Silver Moon au final digne du Crazy Horse et une courte pause, Wilson reviendra sur scène, d’abord en solo puis rejoint par le groupe, pour clore cette bien belle soirée avec le folk doux et imagé de Can We Really Party Today et la superbe mélodie de Moses Pain.

La set list du concert du 21 mars au Point Ephémère

  1. Trafalgar Square
  2. Me
  3. Over the Midnight
  4. Miriam Montague
  5. Dear Friend
  6. There’s a Light
  7. Sunset Blvd
  8. Loving You
  9. Desert Raven
  10. Living With Myself
  11. Rare Birds
  12. 49 Hairflips
  13. Valley of the Silver Moon
  14. Can We Really Party Today
  15. Ballad of the Pines

A propos de ce blog

Vous aimez les guitares, les cheveux longs et la sueur de la fosse, ce blog est fait pour vous.

Notre mission : vous faire (re)vivre les concerts auxquels on assiste. Et ne comptez pas sur nous pour brosser les métalleux dans le sens des poils, chez I WAS THERE, on n'est pas des vendus, on paie nos places.

Ce site est aussi le votre, si vous avez des photos, des commentaires ou des liens à partager : n'hésitez pas !

Étiquettes

David Écrit par :

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Entrez Captcha ici : *

Reload Image