Ben Harper dans son jardin

Paris @La Cigale
Mardi 17 avril 2018

Ben Harper est chez lui à Paris. La Cigale est son jardin. L’artiste américain, adulé en France comme nulle part ailleurs, a fait le plein d’amour mardi soir devant un public conquis d’avance pour la première de ses trois dates parisiennes en compagnie de bluesman Charlie Musselwhite.

Ben Harper et Chalie Musselwhite
Ben Harper et Chalie Musselwhite, sur la scène de La Cigale, mardi 17 avril 2018

Il ne fallait pas arriver en retard à La Cigale mardi soir. Il est 20h25 quand les lumières s’éteignent sous les premiers vivats du public. Ce ne seront pas les derniers, loin de là, mais on y reviendra.

La salle parisienne affiche complet pour la venue de son chouchou. Ben Harper grimpe sur scène derrière l’imposante carcasse et le pas lent de Charlie Musselwhite. A 74 ans, l’harmoniciste et bluesman américain dont les sillons du visage révèlent un sourire permanent assez communicatif accompagne l’enfant de Richmond sur une tournée résolument blues, quelques semaines après la sortie de leur deuxième album commun, No Mercy in this Land, prolongement de l’excellent Get Up !, récompensé du Grammy du “meilleur album de blues” en 2014.

Un blues primitif et moderne

Les deux hommes, dont la légende raconte qu’ils se seraient rencontrés par l’entremise du grand John Lee Hooker, déversent un blues entre deux âges, primitif et moderne à la fois.

Un mélange qui fonctionne également très bien sur scène. D’autant que Ben Harper a eu la bonne idée d’inviter les copains de son groupe de rock Relentless 7 à la guitare et à la basse. Des musiciens très rock qui viennent compléter à merveille le mariage entre la voix douce de Ben Harper et le souffle poétique de l’harmonica de Musselwhite.

Tantôt assis, tantôt debout, Ben Harper passe d’une guitare à une autre (acoustiques, électriques et surtout ses fameuses Weissenborn) sans jamais quitter – ou presque – son bottleneck.

Ben Harper le charmeur

Pendant les deux heures de concert, on passe du blues profond (When I Go, Bad Habits) au rock enragé dédié à Donald Trump (I Don’t believe a word you say), en passant par quelques intermèdes folks plus oubliables (Nothing at All avec Ben au piano ou All that Matters Now avec le désormais traditionnel chant-sans-micro-à-hérisser-les-poils-de-moustache-et-faire-craquer-les-midinettes de Ben, seul sur le devant de la scène).

Juste avant ce final tout en douceur, mais un brin maniéré, le déluge sonore du Yer Blues des Beatles (“Extrait de notre album préféré des Beatles” raconte Ben), nous a renvoyé au bon souvenir des tournées très rock du Relentless 7.

Mention spéciale pour le folk morbido-joyeux d’I Trust you to dig my grave, que l’on avait découvert en 2014 lors de la première des trois « Acoustic evenings with Ben Harper » aux Folies Bergères en 2014.

Mais ce sont les deux morceaux titres des opus signé Harper-Musselwhite qui remportent la médaille ce soir. L’entraînant Get Up !, avec sa ligne de basse diabolique, et le crépusculaire No Mercy In This Land chanté en duo. Une complainte qui évoque autant l’Amérique d’aujourd’hui que l’histoire personnelle de Charlie Musselwhite, abandonné par son père et dont la mère a été assassinée :

Father left us down here all alone

My poor mother is under a stone

With an aching heart and trembling hands

Is there no mercy in this land?”

Musselwhite trop discret

Dommage d’ailleurs que le virtuose de l’harmonica ne tire pas plus la couverture à lui. C’est sa voix (qu’on entendra trop peu) et son souffle (souvent trop discret) qui donnent sa couleur et son authenticité à ce projet intime et sensible.

Une belle entreprise parfois gâchée, il faut bien le reconnaître, par les applaudissements et déclarations d’amour répétées des groupies françaises de Ben Harper. Surtout que ce dernier ne se fait jamais prier. Bien au contraire. C’est le bémol de cette soirée. Mais c’est bien le seul reproche que l’on puisse faire à un artiste qui ne cesse de renouveler sa musique et de multiplier les collaborations.

Depuis qu’il a enregistré en 2004 avec les Blind Boys of Alabama, il a formé Fistful of Mercy avec Dhani Harrison et Joseph Arthur en 2010, monté un groupe de rock lourd (Relentless 7) et même proposé un album folk avec sa propre mère. 25 ans d’une carrière déjà bien remplie.

La set list du concert du 17 avril à La Cigale

When I Go
Bad Habits
The Blues Overtook Me
I Ride At Dawn
Get Up!
I Don’t Believe A Word You Say
Movin’ On
I’m In I’m Out And I’m Gone
Nothing At All
Trust You To Dig My Grave
Found The One
I’m Goin’ Home
Blood Side Out
When Love Is Not Enough
ENCORE
No Mercy In This Land
The Bottle Wins Again
Long Legged Woman
Yer Blues
All That Matters Now

A propos de ce blog

Vous aimez les guitares, les cheveux longs et la sueur de la fosse, ce blog est fait pour vous.

Notre mission : vous faire (re)vivre les concerts auxquels on assiste. Et ne comptez pas sur nous pour brosser les métalleux dans le sens des poils, chez I WAS THERE, on n'est pas des vendus, on paie nos places.

Ce site est aussi le votre, si vous avez des photos, des commentaires ou des liens à partager : n'hésitez pas !

Étiquettes

David Écrit par :

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *