Joe Satriani, John Petrucci et Uli Jon Roth sont dans un bâteau

G3
(Uli Jon Roth – John Petrucci – Joe Satriani)
Paris @La Seine Musicale
Lundi 16 avril 2018

Quel plaisir de savoir que les fous du manches sont de retour…
Quelques mois à peine après un nouvel album solo, Satriani, qui fourmille de projets, se paye le luxe de ressortir le G3, avec John Petrucci (pour sa première venue en France dans cette formation) et l’ovni Uli Jon Roth. Tous les trois réunis pour croiser un peu le fer, heu… le manche.

On prend son baluchon, son T-shirt de shredder et c’est parti pour la découverte la Seine Musicale, salle ouverte il y a quelques mois.

 

 

 

Trois concerts en 1 !

Qu’est-ce que le G3 ?
3 (grands) guitaristes sur scène, chacun fait son set, tranquilou-bilou et après, si tout le monde est sage, les 3 orfèvres de la touche palissandre (ou autres) se retrouvent pour « taper le boeuf » (ou un Jam comme disent les anglophones).
Je ne vous cache pas que ça peut parfois donner dans la surenchère de branlage de manche.

Le 1er G3 commence à dater. Je me souviens des premières éditions avec Satriani, Steve Vai et Eric Johnson en 1998… et c’est pas ma VHS d’époque qui vous dira le contraire. En France, Patrick Rondat a même assuré l’intérim et relevé le défi haut la main au Zénith en 1999.

Mais depuis quelques années, plus rien. Si bien que je pensais que cette formation éphémère serait bien derrière nous…

Que nenni ! C’est mal connaître notre Voldemor électrique, qui a plus d’une corde à son arc (ou sa guitare). Contre toute attente, il nous ressort un G3 version 2018 inédit et une tournée US & Europe pour notre plus grand bonheur.

 

Uli Jon Roth

Honneur au vétéran : c’est Uli Jon Roth qui ouvre le bal.
Je voulais voir cet ovni depuis des années. Il n’est pas très connu du grand public et pourtant, tout le monde a connu son groupe. LE guitariste des débuts de Scorpions, celui qui propulsa les hard-rockeurs allemands, c’est lui. Sans lui le live Tokyo Tapes n’aurait jamais vu le jour.
Et puis, pour les amateurs de belles (très belles) lutheries, sachez que sa guitare signature hante mes nuits depuis des années…

Dans la salle, le public est assez éclectique. A mon grand étonnement, beaucoup de femmes sont présentes et pas mal d’étrangers également. On distingue des accents de l’Est. La Seine Musicale ne fait toutefois pas le plein. Et à 133€ la place, rien d’étonnant ! Encore à carton rouge à GDP qui propose des tarifs toujours aussi prohibitifs.

Uli, coiffé de son éternel bandeau pour essayer de cacher sa calvitie plus que naissante se présente tout sourire. Il enchaîne les titres de Scorpions et de sa carrière solo, et avec We’ll Burn The Sky, il nous gratifie d’un vibrant hommage à son frère Zeno décédé y’a 2 mois.

A 63 ans son jeu de guitare n’a rien perdu de sa splendeur. Ce « guitar hero » de l’ancienne génération peut encore donner des cours aux plus jeunes shredders. A noter qu’il est accompagné d’un chanteur assez étonnant, aussi talentueux à la voix qu’à la guitare : Niklas Turmann. Et avec un joli minois de surcroît, la gente féminine présente ne me contredira pas.

A l’applaudimètre, l’audience n’est pas la plus folle, il faut dire que sur le dernier morceau, son outro qui traîne un peu en longueur et surtout ses larsens « maîtrisés » à répétitions ont failli me perdre… en plus de mes oreilles qui elles, ont perdu deux dixième chacune.

 

John Petrucci

Le guitariste sur-bodybuildé de Dream Theater sait lustrer ses manches !
Après l’avoir vu la dernière fois lors d’un show de DT (comme disent les fans), je m’étais juré de ne plus y retourner tant je m’étais ennuyé sous ses avalanches de notes, de contre tempo, de changements de rythme, de gammes toutes aussi exotiques les unes des autres. Bref, l’essence même du métal progressif.
Ce soir sans son groupe et avec une audience plus grand public notre shredder technicien de haute volée nous a fait du… John Petrucci.
Ce fut un déboulage de notes enchaînées plus vite les unes que les autres, des changements de cordes, du sweeping, du tapping, un showroom de Musicman Majesty (pas encore sortie dans le commerce) 6 et 7 cordes, des aller/retour en veux-tu en voilà…. au bout de 5min j’étais déjà fatigué de cette surenchère de notes. Le public (de connaisseurs), lui, plutôt émerveillé
Heureusement arriva The Happy Song, un vrai bol d’air frais qui dénota avec le reste de ses compositions.
a noter qu’il était accompagné par le bassiste polyvalent Dave Larue que l’on a pu croiser lors de shows de Steve Morse, Flying Colors ou pour les plus chanceux
A l’applaudimètre, le John a fait recette. Faut dire qu’il était venu avec ses fans de la première heure.

Joe Satriani

Le patron, c’est lui ! On ne le présente plus. 32 ans d’une carrière et une discographie bien remplies.
Que dire ? Soit on le déteste, soit on l’adule.
On ne peux pas rester indifférent et surtout force et de constater que Mr Satriani a très clairement changé la face du rock… instrumental. Surfing With The Alien restera a tout jamais comme un album clé dans l’histoire de la musique et surtout dans la carrière de Satch.
Sa dernière tournée m’avait laissé sur ma faim. Ne retrouvant pas l’ambiance et la folie de ses 2 concerts de la Cigale en 2010 qui fut une tournée assez exceptionnelle par la setlist et ses ré-interprétations. J’avais eu la chance d’assister au meet n’ greet avec une poignée de fans et Joe fut comme à son habitude d’une simplicité et d’une gentillesse qui font qu’il va m’est difficile de dire du mal de lui 🙂
Ce soir, j’ai redécouvert Satriani. Quel plaisir de voir un homme heureux sur scène. Le set étant plus restreint (il a joué 50 minutes), il a dû mettre quelques titres récents de côté pour proposer une setlist en forme de best of.
Ce ne fut malheureusement pas les versions de 2010 mais bon, j’ai retrouvé mon ptit Joe en très grande forme et ça, ça n’a pas de prix.
Evidemment, là aussi j’ai perdu deux dixième de plus à chaque oreille.
Comme vous vous en doutez, à l’applaudimètre, il n’a pas photo, c’est lui qui déplace les foules !

1, 2, 3… Soleil !

Et comme à chaque fois, ça finit par un plan à trois. Un gros bordel (organisé) !

Fini les compos persos, on se la joue collectif et on reprend les standards du rock revisités par vos serviteurs :

Highway Star de Deep Purple, All Along The Watchtower version Hendrix et Immigrant Song de Led Zeppelin.
Pour le chant, Uli s’est mis au micro sur AATW (pas une grande réussite) et Niklas a eu la lourde de tache de nous faire oublier Ian Gillan sur Highway Star et Robert Plant sur Immigrant Song. Pari réussi !

Il y a des longueurs je ne vous le cache pas mais contrairement à d’autres G3, on est dans une vraie complicité et un respect profond. On sent ce copinage de cours d’école, les regards, les mots dans l’oreille, le plaisir de voir l’autre jouer et s’éclater.
Le G3 c’est aussi ça, un pur kiffe de potes qui viennent s’éclater sur scène et se faire leur petite tournée de printemps.

Je ne vous cache pas que j’en suis ressorti sourd… mais heureux !

Pour les impatients, vous retrouverez Satriani au festival de Guitare en Scène en juillet prochain. Je pense que si ça continue, il va avoir une carte de membre à vie. C’est surement l’artiste que s’est le plus produit lors de ce festival depuis sa création….

Galerie Photos :

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Elian Écrit par :

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