Courtney Barnett, girl power au Bataclan (9/06/2018)

La jeune chanteuse et guitariste australienne, notre coup de cœur musical de 2015, a présenté son deuxième album au Bataclan et confirmé tout le bien qu’on pensait d’elle. Récit d’une soirée girl power.

Loose Tooth, Waxahatchee, Courtney Barnett. Trois groupes, 12 musiciens, 9 femmes. Qui a dit que le rock était une affaire de mâles ? Surement pas Courtney Barnett. L’Australienne multitâche a eu la bonne idée de convier exceptionnellement, en plus de Loose Tooth (trio aussie produit par sa maison de disque Milk! Records, qui l’accompagne sur toutes les dates de sa tournée européenne), les Américaines de Waxahatchee. Ça tombe bien, on adore le groupe des soeurs Katie et Allison Crutchfield.

Waxahatchee, reines du rock indé

Emmené par les très belles compositions et la justesse de la voix de Katie Crutchfiled, Waxahatchee a fait monter la température d’un coup. Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. Si Loose Tooth a joué devant une salle très clairsemée, les filles de Waxahatchee ont dû composer avec les va-et-vient du public et un morceau d’ouverture pas forcément adapté à la situation : Katie, seule sur scène, guitare acoustique en bandoulière. Pas très audible avec le brouhaha de la salle. Heureusement, une fois les guitares électriques branchées, les cinq Américaines ont définitivement séduit le public du Bataclan avec un son à la frontière entre rock, folk et pop. Entre ballades acoustiques et rock-indie désinvolte, Waxahatchee creuse en beauté le sillon du rock des années 90.

Une période que Courtney Barnett ne devrait pas renier non plus. Elle qui incarne, à notre humble avis, la relève du genre musical, aux côtés des Kevin Morby, Ty Segall ou Kyle Craft.

Courtney Barnett, la relève

Révélée en 2015 par un premier album complètement addictif (Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit) l’Australienne au look d’éternelle adolescente confirme son talent dans son deuxième disque Tell Me How it Feels.

Un disque qu’elle s’est permis d’interpréter en intégralité samedi soir au Bataclan, trois ans après sa prestation remarquée à la Gaîté Lyrique et quelques mois après avoir joué les guitaristes dans le groupe de Jen Cloher, sa compagne à la ville, à la Maroquinerie.

C’est qu’il faut avoir sacrément confiance dans ses compositions pour jouer tout un nouvel album en ouverture de concert. D’autres auraient attendu d’en vendre quelques millions et/ou une date anniversaire avant de s’y essayer. Pas Courtney. Et elle ne s’est pas trompée.

Back to the 90’s

Le spectateur est cloué sur place dès l’entame avec Hopefulllessness, son tempo hypnotique, sa montée en crescendo, le chant lancinant de Courtney progressivement écrasé par la batterie, la basse, le clavier puis sa propre guitare. D’une efficacité imparable.

Suivent les mélodies plus douces et sucrées de City Looks Pretty et Charity. Du rock à la limite des tubes pop qui nous plonge dans le meilleur des années 90. On pense aux Breeders, à L7 ou à Weezer. En mieux.

Mal habillée, mal coiffée, CB dégage une candeur et une nonchalance cool quand elle ne semble pas habitée par les fantômes diaboliques des Ramones ou d’Alice Cooper (Nameless, Faceless, I’m not your mother, I’m not your bitch).

Bob Dylan rencontre Kurt Cobain

Le chant un brin monotone, presque parlé des débuts (influence Lou Reed) laisse place à une aisance vocale nouvelle, plus mélodieuse. On retrouve chez Courtney ce mélange de flow Dylanien branché sur les amplis de Nirvana.

Il faut dire que Courtney, en plus de savoir écrire et chanter, est une vraie guitare-héroïne. Arc-boutée sur ses cordes, cheveux devant le visage, on la croirait sortie du Crazy Horse de Neil Young. Dommage d’ailleurs qu’elle ne se laisse pas aller plus souvent à ses solos de guitares endiablés.

La deuxième partie du concert fait la part belle aux premières compositions de CB : Avant Gardner, An Illustration of Lonelyness, Operator Elevator… pour terminer sur le déluge sonore de Pedestrian at Best.

Prochain rendez vous avec la jeune Australienne, le 9 novembre au Casino de Paris.

Set list du concert de Courtney Barnett au Bataclan

Hopefulessness

City Looks Pretty

Charity

Need a Little Time

Nameless, Faceless

I’m Not Your Mother, I’m Not Your Bitch

Crippling Self Doubt and a General Lack of Self Confidence

Help Your Self

Walkin’ on Eggshells

Sunday Roast

Avant Gardener

Don’t Apply Compression Gently

An Illustration of Loneliness (Sleepless in New York)

Small Poppies

Elevator Operator

Depreston

History Eraser

Encore:

Anonymous Club

Pedestrian at Best

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David Écrit par :

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