La légende Jeff Beck aussi bien discrète qu’impériale

Jeff Beck
Paris, Olympia
09 juin 2018

3ème concert de Jeff Beck en 7 ans ! Après 2011 où j’avais pris une grosse claque et 2014 où je m’étais ennuyé, je ne pouvais pas rester sur un échec. Et ce soir à l’Olympia, l’ami Jeff (ouais on est copains) devait me réconcilier avec cette dernière prestation un peu mollassonne.

La soirée commence plutôt bien avec une découverte : John Parr ! Un ptit jeunot de 65 ans. Seul sur scène avec sa guitare folk, il a régalé tout l’Olympia.
Cet artiste a eu ses heures de gloire dans le milieu des années 80 et même si pour lui c’est une première en France, notre pays lui doit beaucoup… La musique de la pub de Gillette c’est lui !
Je ne vais pas vous faire toute sa discographie, ça serait « rasoir », mais jetez-y un coup d’œil… attention au back to the 80’s, c’est violent parfois, je préfère prévenir 🙂

Le Jeff Beck Band monte sur scène à 21h. Jeff est armé de sa Fender Strat Custom shop Signature à tête renversée et comme à son habitude, il a fait sobre sur son choix vestimentaire : petit chèche d’été autour du cou, quelques babioles aux poignées, une veste/combi et un boléro noir sur tshirt blanc… Voilà pour le côté fashion week de Melun collection printemps-été 1968. Un look qui lui reste fidèle depuis des années. On croirait voir un bobo hippie ayant mal vécu le passage aux années 80 et 90.

Placé au 1er rang et en plein milieu, difficile de voir les extrémités de la scène tellement mon fauteuil s’affaisse. Et malheureusement je n’ai pu apprécier le spectacle qui a eu lieu côté cour.

Spectacle visiblement d’une grande qualité visuelle où sur cette tournée Jeff Beck a su s’entourer d’une nouvelle venue (enfin nouvelle vs mes derniers concerts cités plus haut) : Vanessa Freebairn-Smith. Violoncelliste et guitariste de talent ! Allez c’est cadeau, je vous laisse à vos recherches Google… et pour les plus stalkers et pervers d’entre vous, une promo exclusive pour vos longues soirées d’hiver.

Le lineup n’a pas vraiment changé, toujours Vinnie Colaiuta à la batterie, Rhonda Smith à la basse et Jimmy Hall au chant. Tous musiciens de talent et très hautement reconnus comme tel.

A 73 ans notre guitar hero britannique n’a rien perdu de sa superbe. Artiste Ô combien talentueux pouvant tout jouer et avec n’importe qui. Son doigté reste intacte malgré le poids des années et du haut de ses 53 ans de carrière où il a pu jammer ou croiser le manche avec les plus grands (Eric Clapton, Mick Jagger, Carlos Santana, Buddy Guy, Roger Waters, Beth Hart, Tina Turner, Slash…) il reste entier et simple. Ne communiquant pas/peu avec le public surement par timidité, il est plus expressif avec ses musiciens par des sourires, des gestes rappelant un de chef d’orchestre menant à la baguette sa petite formation. Si bien que rapidement la scène du théâtre de Bruno Coquatrix semble bien trop grand pour lui.

Mais qu’importe, durant quelques intermèdes instrumentales Beckiennes, Jimmy Hall avec sa voix impressionnante fait le show ! Une posture faisant rappeler celle d’Ozzy Osbourne  (dont la critique du concert du Download Festival sera à lire ici) avec une voix, mais alors une voix ! Il a scotché l’assistance. Une maîtrise parfaite et une communication avec le public qui manque à Jeff Beck.

Jeff Beck sait s’entourer, il a toujours était pointilleux sur les musiciens qui l’accompagne. Aucune fausse note ce soir. L’homme n’est pas dans la démesure à pondre des solos de 10 minutes, non, de ce côté là il n’a plus rien à prouver à personne. Son style inimitable, sa précision technique et son touché de guitare reconnaissable entre mille restent intactes. Quelle jubilation de pouvoir décrypter sa technique main droite à moins de 2 mètres. J’avais l’impression d’assister à une masterclass, classe !

Comme à chaque fois ses setlists font la part belle aux reprises de tout genres (Hendrix, Stevie Wonder, The Beatles, Sam Cooke…) et mes petites oreilles ont été envoûtées par l’excellence de ces interprétations.

La première fois que je l’entendais interpréter live un classique Irlandais (Mna Na H-eireann) … ne connaissant que la version d’Alan Stivell, The Corrs ou Nolwen, bien mal m’en a pris ! Accompagné par le violoncelle de Vanessa, les anges celtes auraient pu descendre sur scène et lancer un fest noz parisien !

Toujours dans le respect de ses musiciens, Little Wing fut écourté de son solo final pour ne pas faire de Jimmy Hall une potiche sur scène pendant une interminable démonstration de branlage de manche.
Le classique de Stevie Wonder Supertition (qu’il lui a composé… à la batterie !) a permis de bien faire bouger l’auditoire et de bien amuser Jimmy pour enchaîner sur une reprise des Beatles A day in the Life.

Pour le rappel ça sera Going Down mainte et mainte fois repris par bon nombre de guitaristes voulant se défier à qui aura la plus longue. Ce soir c’est Jeff qui a gagné 🙂
Standing ovation et en prime la setlist signée de Jimmy pour Madame tout sourire qui a visiblement passer une très bonne soirée. Pas sûr que cela dure avec les pâtes à l’eau que je lui ai réservé pour ce soir…

Les 85 minutes du concert passèrent très vite avec une seule envie : celle de le revoir  ! (et revoir Vanessa :-))

Setlist :
Jeff Beck
Paris, Olympia 09 juin 2018 :

1. Pull It
2. Stratus
3. Nadia
4. You Know You Know
5. Morning Dew
6. I have to laugh
7. Star Cycle
8. Lonnie
9. Mna Na H-Eireann
10. Just for fun
11. Little Wing
12. A Change Is Gonna Come
13. Big Block
14. Cause We’ve Ended as Lovers
15. You Never Know
16. Brush with the Blues
17. Blue Wind
18. Superstition
19. A Day in the Life

Rappel :
20. Going Down

 

Pour aller plus loin :
Critique du concert par Paris Match,
Critique du concert par Le Parisien

…Et si vous voulez en savoir plus sur Jeff Beck, le documentaire Still On The Run vient de sortir avec des interviews de ses copains Jimmy Page, Eric Clapton ou encore David Gilmour.

 

Galerie photos

A propos de ce blog

Vous aimez les guitares, les cheveux longs et la sueur de la fosse, ce blog est fait pour vous.

Notre mission : vous faire (re)vivre les concerts auxquels on assiste. Et ne comptez pas sur nous pour brosser les métalleux dans le sens des poils, chez I WAS THERE, on n'est pas des vendus, on paie nos places.

Ce site est aussi le votre, si vous avez des photos, des commentaires ou des liens à partager : n'hésitez pas !

Étiquettes

Elian Écrit par :

2 Comments

  1. Christian Berthier
    17 juin 2018
    Reply

    Super ce live report!!!
    I was there too! aussi au 1er rang mais moins de chance que toi, car à jardin extreme…
    J’ai pris beaucoup de plaisir à te lire et voir tes photos.
    Encore bravo pour ce que tu as fait là, du vrai travail de pro passionné!
    Longue vie à « I was there »
    Chris

    • Elian
      19 juin 2018
      Reply

      Merci beaucoup Chris, c’set exactement pour cela que ce blog a été conçu : Partager sans langue de bois et en toute objectivité notre vision d’un concert.
      Chanceux, tu as pu voir Vanessa pendant tout le show 😉
      Merciiiiiiii

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Entrez Captcha ici : *

Reload Image