Jack White a presque fait chou blanc à l’Olympia

Récit, sans photo, du concert un brin décevant, de l’ancien leader des White Stripes à l’Olympia le 3 juillet 2018.

On ne va pas se mentir, ce n’est pas son dernier album qui nous a convaincu d’assister à notre premier concert de Jack White ce mardi soir à l’Olympia. Boarding House Reach, sorti début 2018, est un album ambitieux mais pompeux. Un disque qui manque cruellement de ce qui fait le sel de Blunderbuss (2012) et Lazaretto (2014), les deux précédentes productions solos de l’ancien leader des White Stripes : des riffs, du rythme, du rock n’ roll.

Mais le garçon a un CV qui parle pour lui et, à seulement 42 ans, une carrière épaisse comme le biceps d’un batteur de hard-rock. Depuis 1999, il enchaîne les succès. En solo, en duo (White Stripes) ou dans des supergroupes (Raconteurs, Dead Weathers). Sans compter le travail admirable réalisé par Third Man Records, son prolifique label qui a relancé à lui seul le marché poussiéreux du vinyle aux États-Unis.

Dépoussiérer, c’est son truc. S’il faut lui reconnaître une capacité de création extraordinaire, son mélange de country-rock-blues-punk-garage tire sa source dans l’histoire de la musique américaine, dont White est l’inébranlable gardien du temple.

Mais Jack White sur scène, ça donne quoi ?

Jack White est donc un petit plaisantin. On ne voit pas d’autre explication à la découverte de la première partie qu’il a réservé à son public parisien. Un dénommé Shirt, rappeur new-yorkais surexcité mais complètement hors-sujet. Probablement l’un des pires moments qu’on ait passé dans une salle de concert. 30 minutes de hip-hop incompréhensible, de sauts de cabri le long d’une scène décorée d’une seule banderole tagguée d’un message obscur qu’il arrivera d’ailleurs à faire tomber malencontreusement avant la fin de sa prestation. Merci pour ce moment Jack.

Pendant que les roadies s’agitent, une vidéo apparaît à l’écran. On est dans la régie du prolifique musicien, un compte à rebours indique le temps qui nous sépare du début du concert. 10 mn. Plus sympa que l’interminable intro de Guns n’ Roses la semaine dernière. Surtout quand White en personne apparaît à l’écran pour… retarder le compte à rebours, suscitant les bouhous de la salle. Un rigolo je vous dis. Mais pas souriant pour autant.

Il faudra attendre le salut final, après un Seven Nation Army épique, pour voir le visage de Jack White s’illuminer derrière ses bouclettes. Avant cela, c’est un regard noir et un visage fermé qu’il a offert au public de l’Olympia pendant 90 minutes d’un concert bruyant mais dans l’ensemble assez décevant.

Des titres percutants mais peu captivants

Il est 21h pile quand les musiciens grimpent sur scène. Une fille à la batterie, un bassiste et deux gars aux claviers. Sous les lumières bleues des projecteurs, ils lancent une instru explosive. Jack White débarque, dos au public, accoutré d’un blouson et d’un pantalon dont les motifs oscillent entre peau de vache chocolat Milka et psychédélisme. Après deux minutes de jams avec ses musiciens, le natif de Detroit se retourne enfin vers le public pour entamer le rock nerveux d’Over and Over and Over et son riff de guitare si caractéristique du son de Jack White. L’un des bons morceaux du dernier disque, suivi de Battle Cry, single instrumental sorti un an avant Boarding House ReachLe ton est donné. La première heure est essentiellement composée de compositions très rock, tirées de ses albums solos (8) ou du répertoire des White Stripes (6).

Des titres percutants, denses, électriques, mais malheureusement peu captivants

Tristement le son de l’Olympia ne permet pas d’apprécier les nuances et les arrangements. Ce qui confère à des titres ambitieux comme Corporation un aspect très brouillon. D’autant plus qu’on entend assez mal la voix de Jack White, à part quand il crie, mais ça, on pourrait s’en passer. Même sentiment sur My Doorbell des White Stripes qui voit le chanteur troquer sa guitare pour une batterie.

Le très bon Connected by Love ouvre le rappel en beauté. Enfin un peu de mélodie. Et il faudra attendre l’avant-dernier morceau Steady, as She Goes pour voir la fosse se réveiller enfin, et soudainement, avant qu’elle ne se transforme en pogo géant sur Seven Nation Army. L’hymne des White Stripes offre au concert un final mémorable, c’est déjà ça.

 

Set list du concert de Jack White à l’Olympia le 3 juillet 2017

  1. Over and Over and Over
  2. Battle Cry
  3. When I Hear My Name (The White Stripes)
  4. I Cut Like a Buffalo (The Dead Weather)
  5. Corporation
  6. My Doorbell (The White Stripes)
  7. Love Interruption
  8. Catch Hell Blues (The White Stripes)
  9. Screwdriver (The White Stripes)
  10. Get in the Mind Shaft
  11. Freedom at 21
  12. You Don’t Know What Love Is (You Just Do As You’re Told) (The White Stripes)
  13. Respect Commander
  14. Hypocritical Kiss
  15. Ball and Biscuit (The White Stripes)
    Encore:
  16. Connected by Love
  17. We’re Going to Be Friends (The White Stripes)
  18. I’m Slowly Turning Into You (The White Stripes)
  19. That Black Bat Licorice
  20. Steady, as She Goes (The Raconteurs)
  21. Sixteen Saltines
  22. Seven Nation Army

via Setlist FM

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David Écrit par :

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