Alejandro Escovedo, légende méconnue à la Boule Noire

Le rockeur texan, aussi légendaire que méconnu, a prouvé qu’à 66 ans, il n’avait rien perdu de ses années punk. Récit d’une soirée survoltée à la Boule Noire.

Dans la longue liste des grands oubliés de l’histoire du rock, aux côtés de Graham Parker, Elliot Murphy ou Sixto Rodriguez, je vous présente Alejandro Escovedo. Précurseur du punk californien avec The Nuns, ambassadeur de la country alternative avec les True Believers et songwriter poignant sur ses albums solo, l’Américain d’origine mexicaine a tout connu, tout vécu. Sauf le succès.

Pas étonnant donc de ne croiser qu’une foule éparse ce lundi soir à la Boule Noire. Le concert organisé par notre disquaire préféré, Fargo, est réservé aux initiés. Et aux cheveux grisonnants.

Les instru mélodieuse de Sacri Cuori

La première partie est assurée par Sacri Cuori, le “backing band” d’Escovedo. Plutôt pratique. On apprendra d’ailleurs pendant le concert que le multi instrumentiste du groupe, Francesco Valtieri, est également leur chauffeur !

Côté musique, la formation italienne menée par le super guitariste Antonio Gramentieri, alias Don Antonio, est une très agréable découverte. Les petits gars de Bologne envoient des instru puissantes et mélodieuses inspirées du blues et du rock psychédélique ouest américain. Efficace.

Le quatuor accompagne Escovedo depuis deux ans. Ensemble, ils ont composé et enregistré The Crossing, sorti en 2018. Cette bande-son brûlante de l’Amérique narre les aventures de deux jeunes immigrés : Diego le Mexicain et Salvo l’Italien, qui débarquent aux Etats-Unis pour vivre le rêve américain au pays de leurs idoles punk rock (Iggy Pop, Patti Smith ou le Velvet Underground). La question migratoire a inspiré à Escovedo un album concept d’une efficacité redoutable entre rock n’ roll, blues et punk rock. 

Escovedo, loser magnifique

Sur scène, c’est la même recette. Démarrage en trombe avec l’enchaînement Outlaw for you, Waiting for me, Teenage luggage. Trois titres extraits de The Crossing. Du bon rock n’ roll aux accents punk. Alejandro et son groupe s’entendent à merveille. Guitare en main, Don Antonio donne le ton et assure des solos bien rythmés.

La set-list fait la part belle aux dernières compositions (Sonica USA, Texas is my mother), mais se permet des digressions bienvenues dans la longue discographie d’Escovedo : San Antonio Rain, Chelsea Hotel ’78, Sister Lost Soul ou l’excellent Beauty of your Smile.

Bavard, Alejandro raconte sa vie entre les morceaux. Il évoque l’origine de certains titres, nous parle de son enfance, de ses 12 (!) frères et soeurs (musiciens pour la plupart) et répète tout le bien qu’il pense de son groupe, laissant même son bassiste pousser la chansonnette avant Always a Friend, son morceau le plus connu, qu’il a eu la chance de chanter avec le Boss, Bruce Springsteen en personne en 2008.

Pour finir, la reprise du génial Rock n’ Roll du Velvet Underground. Morceau cultissime à l’énergie débordante et aux paroles particulièrement évocatrices pour Escovedo le miraculé.

…she couldn’t believe what she heard at all; she started shaking to that fine, fine music: her life was saved by Rock and Roll.

Photos souvenirs du concert du 22 octobre à la Boule Noire

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David Écrit par :

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