Kurt Vile & The Violators à La Cigale

Kurt Vile n’est toujours pas un grand performer, mais délivre un rock d’auteur mélodieux et bien inspiré. Récit du concert du 29 octobre 2018 à la Cigale.

La lumière et le volume sonore diminuent d’un coup dans la salle, le public de la Cigale applaudit, siffle. Sur scène depuis près d’une heure, Kurt Vile change de guitare et dégage sa longue tignasse d’un revers de la main pour jeter un coup d’oeil avisé sur la set-list. On approche de l’un des points d’orgue du concert, et l’enfant de Philadelphie, 38 ans, ne sait plus où il en est. Démarche nonchalante et sourire d’ado attardé, Vile n’est définitivement pas une bête de scène.

On l’avait déjà constaté lorsqu’il était venu présenter l’excellent Wakin on a Pretty Daze à la Gaîté Lyrique en 2013. Depuis, on avait fait l’impasse sur ses concerts parisiens, peu emballés par le trop radio-friendly b’lieve i’m goin down (2015). Mais un an après son escapade réussie en duo avec une de chouchous, l’Australienne Courtney Barnett (accessoirement le parfait pendant féminin de Vile), c’est son dernier album, l’excellent Bottle It In (2018) qui nous a convaincus d’affronter le froid glacial de Paris ce lundi soir.

Après tout, Vile reste l’un des acteurs majeurs de la scène indie/rock américaine de ces dix dernières années.

Il est 20h45 lorsque Kurt Vile grimpe sur scène accompagné de ses fidèles et polyvalents Violators. Jean slim, baskets rouge et t-shirt sous sa veste en jean, l’ex-membre fondateur de The War on Drugs jette un bref coup d’oeil, presque gêné, vers le public, avant de gratter habilement les cordes de sa guitare pour lancer Loading Zones, lettre d’amour à sa ville natale, Philadelphie.

Voix traînante, mélodie planante et longues plages de guitare, ce morceau qui fleure bon les seventies résume assez bien la musique de Vile, entre folk hypnotique et rock planant. Vaste territoire où se croisent Neil Young, Bruce Springsteen, Bob Dylan (la Sainte Trinité !) mais aussi Lou Reed.

On ressent l’influence du dernier dans le phrasé, des deux précédents dans les compositions et du premier dans la capacité à improviser des solos avec efficacité et lyrisme ou étirer les morceaux, poussant une idée ou un riff, jusqu’au bout. Arc-bouté sur ses cordes, le visage masqué par ses longs cheveux bruns, la ressemblance avec le Loner est presque physique.

Après une excellente première demi-heure, avec des morceaux entraînant et mélodieux (Loading Zones, Jesus Fever, Bassackwards, Hysteria), Girl Called Alex et Cold Was the Wind cassent un peu le rythme du concert avant un court intermède folk et solo (Runner Ups). Il faudra attendre une bonne heure et le final épique de Wakin on a Pretty Daze suivi de l’irrésistible KV Crimes pour faire trembler les murs de la Cigale et invoquer le Crazy Horse de Neil Young.

On apprécie chez Kurt Vile ses intro, toujours soignées, ses compositions, même si son phrasé si particulier ne permet pas toujours de distinguer les mots qui sortent de sa bouche, mais aussi son jeu de guitare. Auteur-compositeur de talent, c’est également un guitariste compulsif qui avoue faire du Air Guitar quand il n’a pas l’instrument sous la main.

Avant un final tout en douceur (Peeping Tomboy en solo), Bruce Springsteen fait une apparition remarquée dans la soirée. Pas en personne malheureusement, mais le temps d’une reprise particulièrement réussie de Downbound Train, extrait de Born in the USA, histoire de bien nous mettre dans sa poche.

Set list du concert de Kurt Vile le 29/10/2018 à la Cigale

Loading Zones
Jesus Fever
Bassackwards
Hysteria
Girl Called Alex
Cold Was the Wind
Runner Ups (solo)
Wheelhouse
Yeah Bones
Wakin on a Pretty Day
KV Crimes
Check Baby
Skinny Mini
Wild Imagination

Rappel :

Pretty Pimpin
Downbound Train (Reprise de Bruce Springsteen)
Peeping Tomboy (solo)

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David Écrit par :

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