Glenn Hughes à l’Elysee Montmartre, Paris (6 novembre 2018)

Après le concert chiant à mourir (et je pèse mes mots) des Blackberry Smoke la semaine dernière au Cabaret Sauvage et dont vous n’aurez pas de critique car il n’ y avait pas vraiment matière à en parler…
Cette semaine, on retourne dans les années 70 pour revivre le Deep Purple Mark III et Mark IV correspondant aux années où Glenn Hughes officiait avec ses comparses britanniques du pourpre profond.

K comme Kangourou… ou Koritni

Tout bon concert commence par une bonne 1ère partie…
Koritni, Ce trio au look de trappeurs australiens tout droit sorti d’un bar où a dû séjourner Crocodile Dundee m’a littéralement scotché !


Il faut écarter les 2 premières minutes où là, on pense être face à un remake de Kid Rock (qui lui-même est un remake de lui-même) mais très vite, on est happé par la voix puissante de Lex qui n’est pas sans rappeler celle de Ritchie Sambora qui aurait mangé Jon Bon Jovi entre deux ribs au BBQ une fin d’après-midi d’avril au soleil couchant sur une plage australienne… et rythmiquement, ce trio acoustique (juste pour l’occasion car sinon ils sont bien branchés et ça envoie du watt de kangourou) de rock country australien puise très clairement ses influences dans le Classic Rock des années 70 à 90, Bon Jovi, Extreme, Aerosmith….

Et pour bien le prouver, ils nous font même une reprise du classique de Midnight Oil « Beds Are Burning« .

La soirée démarre sous les meilleurs auspices, je n’attends rien de Glenn, juste à être agréablement surpris.

Glenn fait revivre Deep Purple

L’affiche annonce la couleur ou plutôt les couleurs, visuellement, on est sur des tons typiquement 70’s mais quand même assez loin de l’univers de Deep Purple. C’est pourquoi je suis venu à ce concert à reculons. J’ai eu tort…

Tout sourire, à 20h20 le Glenn Hughes, 66 ans, monte sur scène avec son groupe… Un look baba cool, chemise à fleurs, lunettes aux verres « Purple », basse Nashguitars relic (réplique à l’identique de sa Fender Precision du concert California Jam de 74)…. un look atypique pour nous livrer une prestation 100% Deep Purple. L’ex chanteur et bassiste de la formation britannique entre 73 et 76 nous livre une tournée de ces morceaux sur 3 albums et quelques lives qui ont marqué l’histoire du rock. Qui n’a jamais entendu Burn, qui n’a jamais vu une vidéo du concert California Jam de 1974 ? Du classique parmi les classiques.

Glenn s’est également fait connaître récemment pour sa collaboration avec Joe Bonamassa dans leur groupe Hard Rock Black Country Communion… mais ceci est une autre histoire…

Il est là, dents blanche parfaites et claque dès le début l’intro de Stormbringer de l’album du même nom paru en 1974.
Tout de suite la magie opère. Derrière, batterie, clavier et guitare, ça suit méchant.

Le patron c’est Glenn

On sent que le Glenn a du être bien frustré pendant ces quelques années dans le pourpre profond contraint et forcé de ne pas trop en faire pour ne pas frustrer Ritchie. Ce soir c’est lui qui mène le bal, peut-être un peu trop car au final, peu de place pour les autres musiciens derrière une basse omniprésente. On s’éloigne de Deep Purple, Glenn ce soir apporte quelque chose de nouveau. Pour avoir vu des dizaines de fois Deep Purple au cours des 25 dernières années et Rainbow sur les 3 dernières tournées, Glenn nous propose un revival de Deep Purple, à sa sauce, très énergique, très positif et très jouissif… surement des versions qu’il aurait voulu faire en 74.

Le concert va se balader sur la période dite Mark III et Mark IV (de 1973 à 1976) avec les albums Burn, Stormbringer et Come Taste The Band et les live connus comme Live in Europe, The Final Concert… et bien sûr le plus culte de tous le célèbre California Jam de 1974.

Tommy Bolin IS (and not was) the best guitar player in the middle of the seventies

Durant la soirée, Glenn va rendre plusieurs hommages appuyés à Tommy Bolin* qu’il considère comme le meilleur guitariste du milieu des années 70 et David Coverdale en tant que auteur de génie.

*Guitariste de Deep Purple en 1975 et mort d’une overdose en 1976 à l’âge de 25 ans et qui sonna la fin de Deep Purple pendant 8 ans avant que Ritchie Blackmore ne revienne après sa pause avec Rainbow.

Comme lors des belles années de Deep Purple, les morceaux studio de 3min50 dépassent allègrement des 10 minutes dans leur version live. Mais contrairement à Deep Purple, ce n’est pas la guitare qui est mise en avant mais plutôt la basse… Glenn reste le boss sur scène, les autres s’en accommoderont.

Nous avons droit à des solos de clavier, de batterie et de guitare. Mention particulière au clavier avec un solo d’orgue… à l’envers (!) mais surtout au batteur qui a complètement subjugué l’assistance présente et qui prouve encore aux jeunes fans de Metal qu’une simple pédale suffit, pas la peine d’en faire des caisses (sans jeu de mots) 🙂
Quelle dextérité main droite ! Dans la veine d’un Ian Paice à la belle époque….

La guitare, elle, est très secondaire, d’ailleurs je l’entendais à peine. Le gars à fait le taf, dommage qu’il ne soit pas plus mis en avant car son jeu très fluide et mélodique pourrait encore mieux servir les morceaux.

Glenn est connu pour ses petits cris très aigus, ce soir il n’a pas dérogé à la règle, le problème c’est qu’il en met à toutes les sauces et en abuse abondamment…


Autant il chante bien dans sa tessiture, autant dès que ça monte, il zappe complètement les hauts médiums pour faire ses cris dans les très aigus. Ça pourrait faire la blague, mais sur certains titres (Highway Star), il est très clairement en difficulté et ça en devient même choquant. Tout le monde ne peut pas prétendre être le nouveau Ian Gillan.

Conclusion :

2h de show, 10 titres joués. Un très bon concert.
Un Glenn Hughes qui n’a pas perdu le sourire de la soirée. Posant devant les smartphones en plein solo de basse, parcourant la scène de droite à gauche et inversement. Heureux d’être (encore) là, prônant des message de tolérance, d’amour, de paix entre les Hommes. Que du positif.
Dommage qu’il ne fasse pas évoluer sa set list et dommage que certains titres où il a du mal ne soient pas remplacés.
J’y retournerai avec plaisir… prochain concert dans 10 jours pour une ambiance plus… feutrée…. Restez connectés.

 

Setlist
Glenn Hughes
Paris Elysée Montmartre
6 novembre 2018

01- Stormbringer
02- Might Just Take Your Life
03- Sail Away
04- Gettin’ Tighter
05- You Keep on Moving
06- You Fool No One
07- Mistreated
08- Smoke on the Water / Georgia on My Mind

Encore:
09- Burn
10- Highway Star

 

Galerie Photos :

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