Courtney Barnett au Casino de Paris 2018

Récit du concert explosif de Courtney Barnett au Casino de Paris, son troisième à Paris cette année.

On ne s’en lasse pas. Après la Maroquinerie en février et le Bataclan en juin, nous avons rendu notre troisième visite de l’année à la chanteuse et guitariste australienne Courtney Barnett, 31 ans. Coup de coeur musical en 2015 et fer de lance de la relève du rock aux côtés des Kevin Morby, Ty Segall ou Kurt Vile.

Courtney Barnett sur la scène de Casino de Paris, le mercredi 7 novembre 2018

Courtney Barnett livre un rock brut, dépouillé, porté par un sens du songwriting évident, des textes intelligents et un chant traînant entre Lou Reed et Bob Dylan. Un talent reconnu qui lui vaut des comparaisons élogieuse (de Dylan à Kurt Cobain) et des collaborations réussies, avec Kurt Vile en 2017 ou avec sa compagne, la rockeuse australienne Jen Cloher, qu’elle a accompagnée sur sa tournée en début d’année.

Le flow de Bob Dylan branché sur les amplis de Nirvana

Cheveux en pagaille, t-shirt blanc et pantalon difforme, la chanteuse au look et au visage d’adolescente débarque sur scène sans pression apparente. Elle jette un coup d’oeil complice vers l’assistance avant de brancher sa Fender pour entamer la rythmique lugubre d’Hopefulessness, morceau d’ouverture de son dernier album, l’excellent Tell Me How You Really Feel. Tempo hypnotique, montée en crescendo, chant lancinant progressivement écrasé par la batterie, la basse, le clavier puis sa propre guitare. Le spectateur est cloué d’entrée. Avec quelques centaines de concerts à son actif, le groupe fonctionne à merveille.

Toujours accompagnée d’Andrew “Bones” Sloane à la basse, Dave Mudie à la batterie et Katie Harkin aux claviers et à la guitare, l’Australienne occupe le devant de la scène, assure le chant, la rythmique et les solos de guitare.

Le ton grave et menaçant du morceau d’ouverture contraste avec la mélodie douce et sucrée de City Looks Pretty, du rock à la limite de la pop qui nous plonge dans le meilleur des années 90, ou le tempo décontracté et les paroles hilarantes d’Avant Gardener (l’histoire tordante d’une crise d’asthme). Suivront les riffs bien plus nerveux de Nameless, Faceless et surtout I’m Not Your Mother, I’m Not Your Bitch.

Courtney Barnett, guitare-héroïne

Durant 1h45, les musiciens passeront d’un registre à l’autre, offrant même à la fosse du Casino de Paris de quoi enchaîner de belles séquences de pogos.

Il faut dire que Courtney, en plus de savoir écrire et chanter, est une vraie guitare-héroïne. Arc-boutée sur ses cordes, cheveux devant le visage, on la croirait sortie du Crazy Horse de Neil Young. Dommage d’ailleurs qu’elle ne se laisse pas aller plus souvent à ses solos de guitares endiablés.

Depuis le concert de juin au Bataclan, la set-list a bien évolué. En témoigne l’interprétation d’un morceau inédit (Small Talk), d’un duo avec sa première partie Laura Jean (Streets of Your Town, une reprise de The Go‐Betweens) et même d’un titre en solo (Everything Is Free, une reprise de Gillian Welch) qui permet d’apprécier la mélodie et la musicalité de son phrasé, avant le final électrique d’History Eraser.

La set-list du concert de Courtney Barnett au Casino de Paris (07/11/2018)

Hopefulessness

City Looks Pretty

Avant Gardener

Need a Little Time

Nameless, Faceless

I’m Not Your Mother, I’m Not Your Bitch

Crippling Self Doubt and a General Lack of Self Confidence

Small Poppies

Small Talk

Debbie Downer

Depreston

Are You Looking After Yourself?

Streets of Your Town (The Go‐Betweens cover)

Elevator Operator

Lance Jr

Charity

Nobody Really Cares If You Don’t Go to the Party

Pedestrian at Best

Rappel :

Everything Is Free (Gillian Welch cover)

Anonymous Club

History Eraser

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David Écrit par :

2 Comments

  1. 9 novembre 2018
    Reply

    Excellente review ! Ce concert a réveillé en moi des fibres grunge-rock qu’on n’avait plus aussi bien chatouillées depuis Nirvana. La progression en intensité était impeccable, culminant aux 3/4 du concert et déchaînant littéralement la salle, particulièrement les 2 fans japonais qui étaient à côté de moi.
    Vous pouvez trouver mes photos de ce concert ici : https://www.instagram.com/pad_krapao/
    et 2 vidéos là : goo.gl/pTsjPx

    • David
      9 novembre 2018
      Reply

      Merci Jean-Philippe. En effet, on retrouve chez Courtney une belle énergie grunge-rock. Elle a dû pas mal écouter Neil Young et Nirvana. Bravo pour les photos et les vidéos.

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