Little Steven and the Disciples of Soul : rock n’ soul à Paris

C’est devenu une tradition estivale à Paris. Après leurs prestations flamboyantes à la Cigale en 2017 et à l’Alhambra en 2018, Little Steven van Zandt et ses disciples de la Soul ont remis le couvert cette année et revisité 50 ans de musique américaine avec leur « Jersey Shore Sound », un mélange contagieux de rock, de soul et de rhythm and blues allégé à la sauce doo-wop. Dommage que le public parisien n’ait pas suivi.

Little Steven, incontournable bandana sur le crâne et foulard autour du cou.

Derrière son emblématique bandana, Steven van Zandt, alias Little Steven ou Miami Steve, est un homme aux multiples facettes. Fidèle compagnon de Bruce Springsteen pour les uns, acteur emblématique des séries Les Sopranos ou Lilyhammer pour d’autres, et même animateur radio pour les plus connaisseurs (Little Steven Underground Garage), c’est aussi, et on le sait moins, un artiste solo auteur de 5 albums politiquement engagés dans les années 80 et 90.

En attendant le prochain coup de fil du Boss, qui ne saurait plus tarder, Stevie a compilé vieilles compositions et reprises dans l’excellent SoulFire en 2017 – son premier disque en 18 ans -, avant de sortir un nouvel opus de compo inédites, Summer of Sorcery, cette année. Les deux albums mêlent rock, blues, funk, doo-wop et soul avec brio. Un savant mélange des genres que les Disciples de la Soul proposent sur scène depuis 2017. 

Après deux passages estivaux remarqués et remarquables à la Cigale (2017) puis à l’Alhambra (2018), ils étaient de retour à Paris ce dimanche de début de canicule pour prouver que la qualité d’un concert ne dépend pas de l’assistance.

Soul Power Twist & Sun City, Little Steven and the Disciple of Soul, La Cigale, Paris 2019

Le Tour de l’Amérique en musique

Dès l’ouverture, on en prend plein la vue et les oreilles. Les musiciens débarquent sur scène sur Communion, dont l’intro n’est pas sans rappeler le She’s the One de qui vous savez. Les cuivres imposent un rythme flamboyant soutenu par des percussions et des choeurs soignés. Près de 10 minutes d’effusion musicale et déjà un finale épique avec les 7 cuivres et les 3 choristes sur le devant de la scène. Ouf ! Depuis quand on démarre le concert par la fin ?

Pendant 2h15, Stevie (68 ans déjà) et ses disciples revisitent l’histoire de la musique américaine. Du blues de Chicago (I visit the blues) au rock du New-Jersey aux inévitables accents springsteeniens (Little Girl So Fine, Love on the Wrong Side of Town, Summer of Sorcery), en passant par la soul de Detroit (A World of our Own) et le funk de James Brown (Gravity, Education)… c’est un véritable tour de l’Amérique en chanson. 

Party Mambo, Little Steven and The Disciples of Soul, La Cigale, Paris 2019

Du rock cuivré teinté de rhythm and blues

Ou “un voyage où le passé, le futur et présent cohabitent”, comme l’annonce  le percusionniste Anthony Almonte avant le très pop Love Again qui fait la part belle aux choeurs merveilleux menés par la superbe et infatigable Jessie Wagner, plein de aaahs et de shalalas. Little Steven a ramené la Motown à Paris.

Jessie Wagner, Sara Devine et Tania Jones

Le lieutenant de Springsteen, plus habitué à jouer les seconds couteaux, occupe le devant de la scène avec aisance, distribue sourires ultra-bright et clins d’oeil à l’envi. En bon meneur de revue, il met en avant tour à tour et laisse s’exprimer chacun de ses musiciens, notamment ses cuivres sur le Santanesque Party Mambo, ou son percussionniste sur Bitter Fruit.

Rock et politique

Chanteur engagé avant l’heure – on lui doit notamment, en 1985, la fondation de l’Artists United Against Apartheid – Little Steven glissera quelques tacles à Donald Trump. “Ne vous laissez pas berner par les faux choix proposés par certains leaders : oui, on peut être patriote ET un citoyen du monde ; oui, on peut avoir une économie florissante ET respecter l’environnement”, avant d’entamer I’m a Patriot dédié à Greta Thunberg, jeune militante pour le climat.

Los Desaparecidos, Little Steven and the Disciple of Soul, La Cigale, Paris 2019

Alors oui, 15 musiciens sur scène, c’est beaucoup. Peut-être trop. Le son est parfois un peu fouilli, mais franchement, on s’en fout. Comme à chaque fois, on sort de la salle avec la banane et la mélodie reggae de Bitter Fruit ou du rock 80’s Out of the Darkness dans la tête, en regrettant simplement le prix exorbitant des billets qui aura peut-être privé pas mal de gens d’une bonne soirée.

Out of the Darkness, Little Steven and the Disciple of Soul, La Cigale, Paris 2019

Setlist Little Steven and The Disciples Of Soul
Paris, La Cigale, 23 juin 2019

Communion
Camouflage of Righteousness
Party Mambo!
Love Again
Education
On Sir Francis Drake
I Visit the Blues
Gravity
Los Desaparecidos
Little Girl So Fine
Trapped Again
Love on the Wrong Side of Town
A World of Our Own
Suddenly You
Vortex
I Am a Patriot
Superfly Terraplane
Bitter Fruit
Forever

Rappel :
Summer of Sorcery
Soul Power Twist
Sun City
Out of the Darkness

Galerie Photos Little Steven & The Disciples Of Soul
Paris, La Cigale, 23 juin 2019

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David Écrit par :

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